Le présent n'est que le futur passé...
30 Août 2014
Dans les années 90, deux cafés détenus par les frères Costes, se faisaient presque face d'un coté de l'autre du boulevard Sébastopol : Le Coste et Le Beaubourg. L'un « de-signé » par Stark ; le Costes et l'autre « architecturé » par Christian de Portzamparc ; Le Beaubourg. Ces deux cafés étaient « The place to be » des années 90, pour peu que l'on soit artiste, designer, où que l'on travaille dans la mode, le design, l'art, l’informatique et le digital. Le Studio Graphique d'Apple France y organisait des « master-classes », dont j'étais à l'époque très friand. On rêvait de progrès et de numérique, de laser et de digital. Nous imaginions un monde connecté et ludique, ou le savoir serait largement diffusé et accessible, gratuit et interactif. Le Costes et son escalier majestueux ont depuis disparu et le Beaubourg est abandonné aux touristes.
Aujourd'hui, en guise de rentrée, Gilles Babinet, nous invite dans ce lieu mythique de la créativité, pour « refaire le monde », avec simplicité et décontraction. Cela fait deux ans qu'il a eu cette initiative, de petits déjeuners informels entre spécialistes et experts du numériques. S'y croisent, des experts, des consultants, des start-upers et des « prospectivistes ». L'objectif est d'aborder, en libre parole, des sujets de fond. Alors studieusement nous sommes venus « refaire le monde » avec comme thème « le progrès ». C'est en bouclant son dernier ouvrage sur le Big Data (J'ai complètement oublié de demander à Gilles combien de V il accole au BigData), qu'est venue cette « reflection » sur le progrès comme source d'évolution et d'épanouissement de l'humanité. Quelle relation se profile entre l'homme et les objets technologiques dans les années futures ?
Une citation de Joël de Rosnay, qui sait si bien décrire le Futur, servira d'introduction « Il n'y a aucune raison de penser que l'Homme vit mieux aujourd'hui ». En d'autre termes, est ce que le progrès technologique, sert à l'épanouissement de l'Homme ou à son asservissement ? Serions nous en phase de servitude volontaire ? comme des iDiot attendant le 9 septembre la sortie du nouvel iPhone ? Débat de fond à l'heure ou le concept de « Transhumanisme » de Google, devient un modèle de développement, tournant parfois au sectarisme. Ainsi la prochaine GoogleCar pourrait très bien nous interdire sous prétexte d'erreur, de fréquenter certains lieux, comme le fond déjà certains assistants de saisie des Smartphones, qui ne connaissent mystérieusement pas le mot « fesse ».
Ce débat n'est pas nouveau, les débuts du XXe siècle étaient déjà traversés par ces craintes liées à la révolution industrielle, avec comme danger, le remplacement de l'homme par la machine. Les films « Métropolis » et « Les temps Modernes » sont le témoignage de ces angoisses passées. Ici ce n'est pas seulement la substitution de l'Homme par la machine qui est en jeu, mais les 3 lois de la robotique de Isaac Azimov qui sont remises en cause, à partir du moment où l'Homme devient une erreur de la machine. Hugo de Garis, en prophète de l'apocalypse technologique, s'imagine en fabricant de cerveaux comme d'autres se placent en vendeurs de temps de cerveau disponible.
La philosophie peut nous apporter certains éclairages, je me souviens encore de mes nombreux débats avec Jean-Michel Besnier, sur la notion « d'Homme simplifié» quand je tentais de lui apporter la preuve, selon la pensée de Michel Serres, que la technologie au contraire permettait d'imaginer un « Homme Augmenté ». Alors tout à fait naturellement notre débat s'orienta vers la pensée de Rousseau, autour de l'état naturel de l'Homme et de sa liberté. Si le XIXe siècle avait adoubé Jules Verne comme le romancier du progrès, qui sera ce passeur au XXIe siècle ? est ce qu'à la manière des regroupements humains de Fahrenheit 451, il ne nous restera bientôt plus que la poésie pour s'émanciper face aux machines ?
Digitalis Purpurea
Rencontre avec Joël de Rosnay
Le syndrome de la touche étoile.
http://ericleguay.over-blog.fr/article-le-syndrome-de-la-touche-etoile-111921059.html