Le présent n'est que le futur passé...
15 Mai 2010
Metz contre Bilbao, ce n'est pas du foot ni de la boxe, encore moins du catch, c'est de la culture. Voici le nouveau match que se livrent les capitales régionales européennes.
Au moyen âge, pèlerins et marchands, se rendaient de villes en villes pour admirer les cathédrales; chef d'oeuvre de l'art gothique. Metz faisait déjà parti du circuit avec sa Cathédrale Saint-Etienne. En en ce 21 ième siècle alors que l'on attendait l'explosion des musées « virtuels » c'est la décentralisation charnelle qui fait recette.
Metz contre Bilbao, c'est Beaubourg contre Guggenheim. L'une à la grisaille, l'autre le soleil, l'une est réservée l'autre est flamboyante, l'une est légère l'autre est lyrique. Toutes les deux célèbrent un art moderne et contemporain populaire et familier.
Il fallait plus que du courage pour affronter les frimas et le crachin mosellan de mai. Il fallait un grain de folie pour attendre 4 heures à piétiner le pavé et entrevoir l'entrée de ce lieu pointu.
Pointue, comme est la coiffe qui couvre les espaces d'exposition, pointue comme est la qualité et l'exigence de l'offre muséographique.
La surprise et l'enthousiasme sont au rendez vous. D'abord le choc visuel d'une nef aérienne et naturelle, ensuite un parcours judicieux et atypique directement puisé dans les réserves des collections du musée d'art moderne de Beaubourg.
Pour vous donner un aperçu de ce lieu et provoquer l'envie de prendre le prochain TGV pour Metz, voici quelques fragments choisis d'une après midi joyeuse et détonnante.
Je retiendrai l'émotion d'un Miro, exposé en tryptique bleuté, éclairant la noirceur d'une tapisserie d'après « Guernica de Picasso » et s'envoler avec la poésie chromatique de Robert Delaunay.
Vient ensuite le temps d'une exposition temporaire « Rêve de Chef d'oeuvre » qui nous plonge dans une sélection panoramique de grands noms de l'art.
Personne n'est oublié, Dali, Picasso, Klein, Calder, Klee, Matisse, Kandinsky, Vasarely, Picabia, Soulages, et tant d'autres. La preuve est faite que ni la technologie ni l'Audi A8 ne sont de l'art.
Le point d'orgue de la popularité de l'expo est la boutique niçoise de l'iconoclaste BEN. C'est une salade jouissive où les enfants s'en donnent à coeur joie à lire ses maximes à l'impact immédiat.
On rit de ce clin d'oeil déroutant et espiègle. Epuisés mais éblouis, harassés mais rassasiés, on reprend son TGV. Metz-Bilbao 1 partout...