Le présent n'est que le futur passé...
27 Octobre 2008

Action n°94 : Développer les services numériques pour tous les étudiants, enseignants-chercheurs et personnels des universités.
_ Achever le déploiement des espaces numériques de travail universitaires (ENT ou campus virtuels) qui donnent accès aux services de base de l’université (inscription en ligne, bureau virtuel, information sur l’orientation, accès aux ressources pédagogiques).
_ Achever la couverture Internet en technologie sans fil des campus notamment dans les projets qui ont été retenus pour l’opération Campus.
_ Proposer l’accès en ligne aux services de l’administration en ligne, à tous les étudiants, enseignants-chercheurs et personnels des universités.
_ Mettre en place le vote électronique pour les élections étudiantes.
_ Généraliser l’équipement de chaque étudiant en 2010 d’une carte étudiante multi-services.
_ Ouvrir un mail à vie pour tous les étudiants. Une boîte électronique individuelle et permanente permet de tisser des liens intergénérationnels, et peut devenir un outil pour des enquêtes statistiques sur l’insertion professionnelle des étudiants.
Cette première action semble avoir été écrite en 2002, c’est surprenant car l’usage du numérique dans de nombreux cursus par la volonté même des enseignants s’est très largement développée. La dernière préconisation est carrément farfelue et sans aucun intérêt, la création d’un réseau social universitaire serait plus efficace. Mais le premier verrou à faire sauter à l’université vient souvent des DSI. En effet leur culture informatique est souvent empreinte de paranoïa et de super contrôle. J’ai souvent à mes dépends eu les pires relations avec les responsables informatiques, qui mettent des verrous et des mots de passe partout. Ainsi ils refusent l’installation de Mozzilla ou de Flash, et ils s’imaginent en permanence les étudiants surfant sur des sites érotiques, bloquant l’accès à un nombre très impressionnant de sites très innocents. Je fréquente trois université différentes et dans les trois cas, l’accès est très contraint et très restreint, ne parlons même pas du WiFi.

Action n°95 : 100 % des documents pédagogiques numérisés pour 100 % des étudiants.
_ Développer les dispositifs d’enregistrement vidéo, de production automatisée et de mise à disposition de tous les cours en format podcast dans les environnements numériques de travail (ENT).
_ Automatiser la production et la mise à disposition des polycopiés, documents et méthodes de travail, plans de cours, banques d’exercices, sous format numérique dans les ENT.
_ Soutenir la mutualisation du développement et de la diffusion d’une offre de ressources pédagogiques validées (UNT) et rendre visible nationalement et internationalement ce patrimoine pédagogique des établissements au travers du portail des UNT, en liaison avec le site Canal U.
_ Développer une offre de contenus et de services annexes de type presse d’information générale ou spécialisée accessible gratuitement par les professeurs et les étudiants.
_ Promouvoir des méthodes pédagogiques innovantes utilisant le numérique, comme le travail de groupe en réseau via des blogs et wiki.
Voici un sujet particulièrement épineux et sensible, celui de la numérisation des cours. J’ai fais l’expérience de ce travail et j’en ai vu à la fois l’intérêt mais aussi les limites. C’est sans doute la culture très livresque de l’Université Française qui laisse entrevoir le salut par la numérisation d’un cours. Or un cours n’est pas qu’un exposé fait aux étudiants mais avant tout un échange et une interaction. Un cours numérisé n’a donc pas beaucoup d’intérêt, car souvent il pourrait correspondre au chapitre d’un livre. Ce qui est intéressant, est que au-delà de ce cours numérisé, son enrichissement devient le centre du débat. En effet, pour que ce cours puisse être exploitable numériquement par les étudiants, il faut songer à son niveau de lecture et aux liens possibles vers d’autres domaines ou des définitions et exercices pratiques. Pour rendre un cours de 2 heures exploitables de manière interactive, il y a donc un énorme travail à réaliser sur son contenu et ses interactions. J’ai donc fait l’expérience avec d’autres collègues de numérisation et d’enrichissement d’un cours de deux heures. L’enrichissement a pris deux jours de travail. Donc pour deux heures, deux jours, c’est un travail énorme qui certes servira de base mais qui représente une charge très lourde. C’est là que le système déraille, car l’université comme tout le système de l’enseignement passe par un cours en présentiel. C’est donc le nombre d’heures de cours qui est rémunéré et non pas la qualité, ou la quantité de contenu de ce cours. Tous les étudiants ont déjà fait l’expérience de cours riches et passionnants face à des cours vides et rébarbatifs, sans que le système ne change. Les enseignants, en plus d’être souvent des auteurs, pourraient devenir des producteurs de contenus pédagogiques numériques et non plus des diffuseurs de contenus, changement radical d’approche et de méthode. Cette réflexion est donc à méditer si l’on veut imaginer demain une université délocalisable sans cours physiques.

Action n°96 : Formation aux TICE.
_ Accompagner les enseignants-chercheurs pour l’intégration des TICE dans leurs pratiques pédagogiques.
Allez chiche… je suis partant et disponible…
Action n°97 : Construire une bibliothèque scientifique numérique accessible à tous les usagers de l’enseignement supérieur et de la recherche.
Action n°98 : Inciter au développement des formations à distance qui seront, à l’horizon 2012, accessibles sur Internet.
Nous revenons ici a notre débat de fond qui a mes yeux est le vrai enjeu de l’université numérique de demain, celle de la mise en ligne de contenus enrichis et expertisés rémunérés pour leur qualité.
Action n°99 : Développer une offre universitaire pour l’enseignement à distance en ligne, notamment pour les salariés en activité.
Allez chiche… je suis partant et disponible…
Action n°100 : Adapter les formations initiales aux besoins des entreprises.
_ Intégrer plus systématiquement des modules de professionnalisation à la dernière année des formations initiales en sciences et technologies de l’information ; cette spécialisation serait définie en partenariat entre l’établissement d’enseignement supérieur et les entreprises du secteur.
_ Favoriser la création de nouveaux cursus de formation liés aux métiers du numérique : chef de projet logiciel, marketing sur Internet et gestion de contenus en droit et Internet, multimédias et développement durable. Formation à la préservation des données numériques sur le long terme.
_ Intégrer dans les filières scientifiques de formation en début de parcours universitaire une formation aux concepts et aux usages professionnels du numérique.
Allez chiche… je suis partant et disponible…

Action N°101 : Mettre en place, dans les universités, des cursus pour les jeunes diplômés et pour les professionnels, offrant un complément de formation pluridisciplinaire et professionnalisant orienté sur les métiers du logiciel et de l'Internet.
Les trois cursus où j’interviens à Poitiers, (Master Web Éditorial), Paris Sorbonne (Master Conseil éditorial Paris-Sorbonne) et Dauphine (Management des organisations culturelles) sont exactement dans cette lignée. Ces formations ont déjà plus de 7 ans et sont souvent l’expression de la volonté d’un homme qui en devient le directeur mais pas toujours avec des fées penchées sur leur berceau. Au-delà de ces formations professionnalisantes dédiées au numérique il faut souvent imaginer et intégrer l’usage des technologies numériques dans l’ensemble des cursus.
Action n°102 : Mettre en place, dans les universités, des filières de formation tout au long de la vie dans le domaine des technologies numériques à des fins d’actualisation des connaissances pour les professionnels des métiers du numérique.
Allez chiche… je suis partant et disponible…

Action n°103 : Créer un référentiel des métiers du numérique.
_ Rendre le portail des métiers de l’Internet interopérable avec les portails européens en cours d’élaboration : E-skills and E-career services Portal.
_ Conclure des partenariats avec les plate-formes d’offres d’emploi afin de fluidifier la circulation de l’information et les besoins en compétences géolocalisées.
Ce référentiel métiers est un vrai serpent de mer, car bien souvent les intitulés et définitions de postes ont été laissé aux agences de recrutement qui n’y connaissaient absolument rien. C’est donc l’usage qui a forcé et déterminé à la fois la définition des postes et leur rémunération. Des dizaines de référentiels métiers sont rédigés en France par de nombreuses institutions, j’ai participé à la rédaction de deux ouvrages sur le sujet, une harmonisation s’impose.