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Eric Leguay, ma vie numérique

Le présent n'est que le futur passé...

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iSchool

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Imaginez-vous qu'un jour de 1950, les petits écoliers français allaient découvrir une révolution déterminante : le Stylo BIC. Sachez que 20 ans après, alors que je commençais à apprendre à écrire, le débat secouait encore mon école pour savoir s'il fallait écrire à la plume ou au stylo bille. D'un coté les nostalgiques du plumier, de l'encre et des doigts tachés façon film « Les Choristes », de l'autre les modernistes, sans tabliers, prônant l'école mixte et le BIC. Ce débat d'arrière garde, illustre à merveille, l'introduction des technologies dans les salles de classes. Les 50 dernières années du siècle précédant furent jalonnées de passions technophobes.

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Vous n'avez encore rien vu ni lu, lorsque l'année 72, en plus de CloClo, vit l'apparition de la calculette électronique. Des tombereaux d'insultes tombèrent sur les pauvres épaules des écoliers accusés de fainéantise et de crétinisme d'utiliser ainsi une calculette alors qu'il était si poétique d'apprendre par cœur sa table de multiplication. L'objet fut rapidement banni des salles de classes et surtout interdit sous peine d'exclusion des examens et notamment du BAC. J'ai ainsi passé mon bac B sans calculette avec une note record de 2/20 en math. Il se trouve encore aujourd'hui des pédagogues éclairés qui explique la baisse du niveau scolaire par l'apparition de la calculette et du stylo bille.

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1983 et le plan « Informatique pour tous » initié par Laurent Fabius allait accentuer cette faille. En installant massivement des TO7-70 et des MO5 dans les classes primaires et les collèges, la guerre de tranchée des traditionalistes allait réouvrir des plaies purulentes. Moi, mon Bac en poche, en pleine « Geek attitude » je rêvais qu'un jour, sur le banc de la Fac chacun utiliserait un PC portable. Un ordinateur sans logiciels, sans système d'exploitation compatible et exclusivement utilisé par les profs de Math et de SVT allait immédiatement ruiner les ambitions modernistes. La fracture numérique n'allait pas se réduire avec un MO5. Alors qu'à cette époque nous apprenions le BASIC, cela ne sera pas vraiment utile pour utiliser Word ou Excel.

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Songez que l'informatique est largement implanté dans notre société et que l'outil est incontournable dans tous les métiers, nous n'apprenons toujours pas aux enfants à taper rapidement sur un clavier et ce toujours au nom du rêve mythique des belles volutes de la plume. A chaque fois, le politique, l'institution et le corps enseignant s'est focalisé et souvent braqué sur l'outil sans se soucier de son usage ou de sa diffusion. Faites une expérience d'installer dans une classe un SMART Board, combien d'enseignants vont le maîtriser ? Combien vont l'utiliser ? En 2012 ? et pour y faire quoi ? Pour y enseigner quoi ? Là est la vraie question pas dans l'outil mais dans le contenu. Toujours le contenu et la pédagogie est à mettre avant l'outil.

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Alors aujourd'hui nouveau défi pour nos collèges, celui de l'arrivée massive du numérique. De rapports en commissions, de bilans en mémoires, de conférences en colloques, l'arrivée dans les classes de tablettes numériques se fait massive et désordonnée. Comme à notre habitude, sans concertation, ni pragmatisme, les petits écoliers vont découvrir dans leur classe des tablettes tactiles. On ne sait pas vraiment encore ce que l'on fera avec, qu'importe l'objet fait chic et moderne. En quête de « modernitude » le politique sera fier de poser sur la photo inaugurale de la tablette. Les chiffres d'implantation donnent le tournis alors que l'offre de contenu est encore limité et surtout ces objets nomades sont très rarement connectés. Pendant ce temps les collégiens ont tous déjà très largement basculés leurs usages sur les smartphones comme les jeunes chinois.

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