Le présent n'est que le futur passé...
22 Septembre 2013
Il fut le premier, il ouvrit la voie, et montra son postérieur placardé sur 6 000 panneaux parisiens, devant le tollé général et la réprobation de la France de 1972. Michel Polnareff, initiait sans le vouloir le déferlement de culs dont la toile s'emplit aujourd'hui. Un beau postérieur subversif et rebondi, pour provoquer et montrer sa liberté de pensée et d'être. 4 ans après 1968, la philosophie de liberté corporelle, et l'envie de casser les codes bourgeois de la bienséance étaient encore présents. Une belle ôde que cette posture, quand l'aristocratie n'avait pas de pudeur, la bourgeoisie en inventait une, qu'il fallu tant d'années à combattre. Cela lui valu l’exil, car en ce temps là, on exilait encore les gens...
Les années 80, virent arriver les années Mitterrand, qui virent la libération de la radio, de la télévision et des mœurs. Ce fut aussi l'apogée de la publicité qui récupéra bien vite les codes de la nudité pour mieux nous faire acheter. Corps de femmes nues comme des objets pour vendre à d'autres femmes objets le nu. Myriam fit sensation en cette rentrée de 1981 en réussissant son pari de nous dévoiler son bas. Sur les plages déjà les fesses bronzent, sans laisser de marques blanches. 10 ans après Polnareff, plus personne ne semble choqué, et semble même résigné à voir des fesses nues pour acheter une crème, une glace, un déodorant, une voiture, un raton laveur.
Coté provocation, les stars du rock, du cinéma, du showbiz continuaient dans la surenchère nudiste. On se souvient encore de ce cliché de Madonna faisant du stop nue à la manière de Marilyn. Ces années de provocations seront longues et parsemées de nudités divers, vulgaires, naturelles, provocantes et jamais gratuites, destinées avant tout à faire causer dans les radios et les troquets. Dans les années 90 le buzz n'existait pas encore, mais Pierrette Lepen avait bien compris le pouvoir de la chair nue ainsi exhibée. Mylène Farmer résuma en un clip et une chanson, le slogan de cette génération « pourvue qu'elles soient douces ».
En cette rentrée, l'été terminé, les maillots rangés, que reste-il pour nous réveiller ? GTA V, ça c'est fait... Léa Seydoux ? C'est du déjà vu... Cyrus Miley ? C'est de mauvais goût...Voyons voir si un morceau de choix ne traîne pas dans Paris Match. Bénabar pose nu... Oui vous avez bien lu Bruno dit « Bénabar » pose nu dans un buzz bien dérisoire. Car voyez-vous, le nu des stars ne fait plus recette, car il s'est déplacé dans la sphère privée. C'est le cul de son voisin que l'on rêve de mater et l'arrière train de sa collègue que l'on scrute sur la toile. Le Web est passé par là, la fesse se libère sur les réseaux. Il n'est pas une fête, une bandas, une fest noz, une étape du tour de France, un enterrement de vie de garçon, un mariage, une soirée d'intégration, sans que des fesses populaires s'exhibent et déferlent sans chichis, sans pudeur et sans laideur sur le web.
Nous sommes donc tous condamnés à un jour découvrir l'arrière train, d'amis, de voisins, de collègues, d'étudiants, de parents qui comme l'affirme sans détour le site web La liberté de la fesse : « Sans une fesse libre, aucun combat ne peut être entendu » Jean-Paul Sartre. Ils sont donc des milliers, des millions a exhiber, dévoiler, montrer, la blancheur porcelaine de leurs deux globes rebondis, hommes et femmes dans un combat commun. Les réseaux sociaux nous ont obligé à nous dévoiler, nous montrer, alors sautons le pas et mettons nos fesses à nu après avoir vendu nos âmes à FaceBook. Il y a de l'humour et de la dérision dans ces exhibitions, une manière de dire au monde, que la chair blanche qui nous sert de siège, peut aussi prendre la parole.
Alors pour finir ce post cul nu, je voudrai vous faire découvrir le travail d'un Angoumoisin, qui a fait de sa nudité un art de vivre et une source de créativité délirante et comique. Luc ne cache rien, pour encore mieux montrer son travail débridé et exubérant via un magazine « Le sac à cadavres » qui annonce rapidement la couleur : du cul, du culte et du gore. Sa nudité est simple, désexualisée, presque infantile, mais drôle, décalée et geekesque pour ne pas dire guignolesque... Alors au moment de vous décidez à vous dévoiler, choisissez l'humour et le décalé.
Le site qui libère les fesses
Le Blorgue de Luc « Sac à cadavre »