Le présent n'est que le futur passé...
19 Juin 2011
Il nous restait à peine 10 ans avant l'an 2000. 10 ans de folles découvertes technologiques pour nous assurer une entrée fracassante dans le XXI ième siècle. Si les ordinateurs gris des années 80 et leurs logiciels bureautiques avaient envahis nos bureaux, ils allaient enfin céder la place à des stations de travail multimédias, plus colorées et acidulées dans les agences en vogue du 92. Gobelins, l'école de l'image fête les 20 ans de son département multimédia, l'occasion d'une exposition.
Le numérique gagnait chaque jour sa place, des disques durs de 80 Mo jusqu'au CD-Rom de 750 Mo donnaient l'ivresse de capacités infinies. Le Giga octet ne fit son apparition qu'en 1998. Station d'acquisition avec un scanner à plat pour numériser les pages de textes déjà imprimées, puis numérisation de diapositives provenant des agences photos étaient le quotidien de beaucoup de services de communication. Les écrans cathodiques n'étant pas encore plats, ils permettaient déjà une vision stable en millions de couleurs 32bits.
Leur taille grandissante offrait un environnement de travail confortable mais dégageait une chaleur insupportable dans une salle de cours. Juste avant l'arrivée de l'internet et du Haut débit, il fallait encore commander un coursier pour envoyer à l'agence une « Syquest » de 44 Mo contenant les fichiers images pour impression. Car c'est bien le secteur de l'image et bientôt du multimédia qui allait faire exploser la demande. Des machines toujours plus puissantes, et toujours plus coûteuses comme le Macintosh IIFx à 9 900 US$, puis le Power Mac G4, traitaient enfin des images Haute définition, du son MP3 et timidement de la vidéo MPEG.
La chaîne de production graphique venait d'accueillir, pas toujours à bras ouverts, ce petit génie à la pomme croquée. Dans cette décennie, des logiciels seront les phares du développement graphique et multimédia. Au coté de l'incontournable Xpress et Illustrator dédiés au Print arriva en force, PHOTOSHOP pour le traitement image et MacroMédia Director pour leur mise en animation. Le langage de programmation associé LINGO allait rapidement servir de base à la programmation interactive. La programmation objet venait de faire son apparition suivant ainsi les traces d'HYPERCARD. Nous pouvions enfin cliquer sur des textes et des images pour lancer des animations et accéder à des bases de données illustrées.
La demande grandissante d'images animées, « d'images de synthèses » comme on disait à l'époque poussa beaucoup de jeunes créatifs à investir la communication, le jeu vidéo, l'architecture, la publicité, la French Touch musicale, l'éducation et bientôt la télévision pour montrer leur talent. Techniquement tout se mettait en place, « l'informatique pour tous » slogan des années 80 devenait une réalité pour beaucoup d'entre nous. C'était sans compter sur l'apocalyptique farce du « Bug de l'an 2000 » qui fit un temps douter de cet avenir informatique radieux. Le bureau deviendra nomade grâce au PC portable comme plateforme de création et de diffusion multimédia. La révolution Web allait jalonner la décennie naissante pour entrer dans l'ère de la convergence numérique.