Le présent n'est que le futur passé...
4 Novembre 2013
Il y avait de la ferveur, pour cette édition 2013 de la Paris Games Week. Une ferveur intense, que l'on ne voit que dans les grands événements, les grandes manifs et les grands mouvements. Une foule dense qui crie, qui danse. Une foule compacte qui se serre se blottit pour montrer combien elle fait partie de la communauté des joueurs. Une foule de jeune, de jeunes vieux, de vieux, d'enfants excités, une foule de femmes, de mamans abandonnées, une foule de passionnés chaleureux. Il y avait tout cela dans le chaudron de la grande salle, surchauffé et survolté. Autour d'un temple païen de carton pâte, la foule patiente, avance lentement pour toucher, pour voir, ses idoles de pixels, ses divinités encapsulées.
La Paris Games Week est une grande messe populaire et joyeuse, mais pas anodine. Tout est réuni pour célébrer le jeu, la passion commune, avec sa dose de subversion et sa touche de violence. Les joueurs sont les nouveaux rockeurs, prêts à casser du décor, ce sont des insoumis de la manette qui veulent qu'on leur foute la paix quand ils jouent. Ils sont venus entre potes, entre frères, en famille, pour vivre intensément se moment de découverte, ce spectacle brillant sur grand écran LCD. On se bouscule, on crie, on arrache les derniers vestiges en papier de ce grand amusement. On en prend plein les yeux, plein les oreilles, plein les tripes. De manettes en joystick, la passion du joueur est la même.
Autour d'eux, le monde paraît si fade, si tranquille, si étrange que l'envie d'y revenir est plus forte. Alors on se jette dans cette mêlée de joueurs déguisés en joueurs. On veut refaire une partie encore et encore, au son des trompettes et des hourras. « Vous êtes fou », cria-t il, vous êtes beaux, vous êtes forts, dans vos costumes d'emballage, dans vos postures de héros grecques. Il y a des monstres inhumains à terrasser, des footballeurs surpayés à battre, des lapins crétins à exterminés et des armées entières à dominer. Dieu doit bien s'amuser à nous regarder ainsi jouer à d'autres vies, jouer de nos vies. S'il est notre créateur, il se joue de nous, joue avec nous. Une Paris Games Week est un moment mystique intense, un moment de communion entre joueurs, un moment de puissance et d’invincibilité.
Dans cette messe l'on y croise des Vestales, toujours prêtes à discerner le bien du mal. On peut comme pour toute religion y croiser le gardien du temple qui du haut de sa tour observe et contemple, ce monde bouillonnant. Leur Dieu à eu n'est pas le jeu mais la télévision, où ils finiront un jour, comme Guislaine Crouille devenue l'héroïne malgré elle, d'un reportage nauséeux sur sa passion inavouable pour le bourgeois. Qu'importe, le jeu vidéo garde ce coté sulfureux qui plaît et qui attire encore les jeunes générations en quête de subversion facile. Une belle édition que cette PGW, trop courte, trop petite, trop lisse, trop marketing encore. On voudrait encore plus de show, plus de passion, plus de Cosplayers, plus de prototypes, plus de studios, plus de place, plus de cadeaux, plus de tout. En attendant l'édition 2014, vous pouvez éteindre votre télévision et retourner jouer...