Le présent n'est que le futur passé...
16 Décembre 2008
Il y a quelques années, Keith Bakker , fit sensation en fondant à Amsterdam, le centre Smith & Jones. Cette clinique de désintoxication s’est spécialisée dans l’addiction au jeu vidéo. Grosse couverture presse, reportages multiples sur les chaînes de télévision, confirmation de ce que tout le monde imaginait et véhiculait, le jeu vidéo est une addiction. Car coté addiction Keith Bakker, en connaît un rayon, ce grand gaillard batave est un ancien Junkie.

Mais voilà qu’aujourd’hui, Keith Bakker, fait évoluer les consciences et modère son jugement. Il affirme en effet que 90% des patients qui cherchaient un traitement pour leur pratique compulsive du jeu n'étaient pas dépendants. Sur plus de 200 cas étudiés en 2 ans, il est en mesure de préciser que sa méthode basée sur l’abstinence, se révèle complètement inefficace auprès de ceux qui demandent un traitement parce qu'ils pensent ne pas pouvoir s'abstenir de jouer.

Pour Keith Bakker, la grande majorité des jeunes joueurs dépassant les quatre heures par jour, souvent en ligne, n'ont pas besoin d'un accompagnement face à la dépendance. Ecoutons le nous exposer sa découverte "Ces enfants arrivent en montrant quelques vagues symptômes similaires à d'autres addictions, et dépendances chimiques, mais plus nous travaillons avec ces gosses, moins je pense qu'on peut appeler ça de la dépendance. Ce dont beaucoup de ces enfants ont besoin, c'est de leurs parents et de leurs professeurs d'école - c'est un problème social". Jouer excessivement ne serait donc pas un problème psychologique. Merci Monsieur Keith Bakker pour cet éclairage.

Sa clinique change donc de méthode et de thérapie, par un accompagnement social, par le développement d'autres activités et des compétences de communication. "Ce problème avec le jeu est le résultat de la société dans laquelle nous vivons", déclare Keith Bakker. "80% des jeunes gens que nous voyons ont été tyrannisés à l'école et se sont sentis isolés. Beaucoup des symptômes peuvent être résolus simplement par le retour à de la bonne vieille communication".

La clinique, pour l'immense majorité des cas, va fournir un environnement accueillant à ces jeunes, dans lequel ils se sentent acceptés, pour qu'ils puissent rééquilibrer leurs activités. Initier ce cercle vertueux peut parfois nécessiter une intervention directe, surtout chez les plus jeunes, afin qu'ils se rendent compte de leur habitude et découvrent d'autres activités susceptibles de leur plaire, sans obligation. "C'est un choix. Ces gosses savent exactement ce qu'ils sont en train de faire, ils ne veulent simplement pas changer. Si personne n'est là pour les aider, alors rien n'arrivera".

Comme toujours, une question de bon sens Pour beaucoup d'entre nous, joueurs, occasionnels ou gros consommateurs, adultes ou jeunes adultes, il n'y a peut-être aucun doute : le jeu vidéo ne rend pas dépendant. Mais comme toute autre chose de la vie, le foot, le tuning, la philatélie et les maquettes en allumettes, l'excès existe et ne peut être bon, sans pour cela être de l’addiction. C’est aussi mon approche que je mets en avant lors des séminaires d’information organisés par RURART et le CLEMI dans les collèges. Cela ne vous a pas échappé que cette vérité scientifique mise en avant par Keith Bakker, n’a pas été reprise par la Télévision, étonnant non ?