Le présent n'est que le futur passé...
7 Novembre 2008
1998, l’entreprise française Cytale, fondée par Olivier Pujol et Jacques Attali, lance en pleine euphorie technologique le premier livre électronique : le Cybook. Doté d’un écran de 10 pouces, le livre électronique de Cytale était à la fois un outil de lecture en pleine page d'ouvrages numérisés (livre ou presse), une bibliothèque nomade permettant de stocker plus de 30 ouvrages, et un équipement de communication permettant l'acquisition immédiate de ces ouvrages sur Internet.
L’époque était bercée par l’illusion du tout numérique. Les investisseurs étaient persuadés de l’engouement du public qui déjà se ruait sur les actions de Yahoo et de Wanadoo. Les éditeurs cherchaient un nouveau souffle et s’engouffrèrent dans la brèche futuriste du livre électronique. Le papier et le livre furent vite, trop vite enterrés, vive la civilisation numérique. Le public bouda, la bulle Internet éclata et en 2002, l’entreprise déposa le bilan, adieu le Cybook.
2008, le géant japonais SONY qui a raté le virage du lecteur MP3, fait revivre la chimère du livre numérique en lançant le Sony Reader ebook. Même si la tablette est présentée comme une nouvelle façon, moderne, pratique et économique de dévorer les livres, le Reader n’a rien de révolutionnaire. À l’instar des baladeurs numériques qui stockent beaucoup de musique et de vidéos dans un minuscule appareil, le Reader permet de loger plus d’une centaine d’ouvrages dans une petite tablette pas plus épaisse qu’une BD.
Pour le reste vendu à 299 euros, je n’ai pas vu de foule attendre toute une nuit sur les champs Elysées, la sortie de l’engin dont la diffusion risque d’être très confidentielle. Il faudra attendre que Apple lance son concept de « ibook » sur l’iphone, pour vraiment voir décoller ce genre d’objet.