Le présent n'est que le futur passé...
21 Décembre 2013
Hocus pocus est la formule magique des prestidigitateurs pour faire sortir le lapin blanc du chapeau. Supercalifragilisticexpialidocious est la phrase ensorcelée que prononce Mary Poppins pour ranger la chambre des enfants sages. Oculus Rift est le déclic numérique si l'on veut émerveiller les grands joueurs que nous sommes. Il y a de la magie dans ces lunettes à réalité augmentée, comme il y avait de la magie dans les premières consoles. Alors en cette veille de Noël, et après deux jours passés à Angoulême pour les Ateliers du jeu vidéo, je viens vous faire mon retour d'expérience de ce drôle d'engin, aux perspectives immersives encourageantes.
Les années 90 étaient déjà marquées de l'empreinte futuriste du «Data Glove», engin de préhension numérique qui permettait de manipuler des objets virtuels dans le cyberespace. La lenteur de l'informatique et le prix rédhibitoire de ce genre de gants, empêcha leur diffusion massive. La destination première restera scientifique, médicale ou nucléaire, et non ludique. Pourtant l'immersion totale est gravée dans les gênes du jeu vidéo. Passé l'an 2000, les laboratoires ont continué à travailler sur des moyens de projeter le jouer dans le jeu. TRON avait ouvert la voie et les yeux à des millions de joueurs désireux de vivre encore plus intensément leur vie dans la matrice.
Me voici donc chaussé de ces étranges lunettes écrans et d'un casque audio pour parfaire l'immersion totale. Manette en main, mon objectif est de gravir une montagne, dans le jeu ASCENT projet d'année des étudiants ENJMIN. Le son spatialisé est hyper-réaliste et la vision plus que bluffante, de cette montagne à gravir, cette brume enveloppante et cette poudreuse floconneuse. Piolet enfoncé, l'un après l'autre, je gravis l’Everest assis dans mon fauteuil, je lève la tête, j'évite un rocher. Je grimpe encore, tourne à droite puis à gauche. Je ripe avec mon piolet sur une roche. Je dévisse, sans peur, sans risque, sans vertige. Fin de ma partie. Ce n'est plus un jeu mais déjà une simulation hyper réaliste, une expérience enivrante.
Alors on se prend déjà à rêver, jouer à Spiderman grimpant d'immeubles en gratte-ciels dans Manhattan. On s'imagine dans la jungle en Tarzan sautant de lianes en lianes, on se voit volant, tombant, grimpant, virevoltant, touchant le ciel et le vide. On truque notre cerveau en lui faisant percevoir de nouvelles sensations encore expérimentales. C'est un début, car il manque le retour de force, le jeu de jambe et d'autres impressions pour rendre la manipulation réellement immersive mais cela est déjà bluffant. Les nouveaux systèmes anti sickness permettent de contrôler la nausée de ce trucage visuel. Reste à imaginer des jeux qui ne soient pas que des simulations mais qui exploitent la sensation d'immersion.
Le précurseur
http://www.vrealities.com/products/data-gloves
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