Le présent n'est que le futur passé...
20 Février 2009
Imaginer notre « Futur », se projeter dans l'avenir, le Futurisme a 100 ans. Au début du siècle précédant, voulant tiré un trait sur le XIX ième siècle jugé bourgeois et dégradant, un groupe d'artistes d'avant-garde mené par Filippo Tommaso Marinetti publiérent le 20 février 1909 dans Le Figaro: Manifeste du futurisme.

Par nature provocateur et choquant, ce manifeste affirma que la splendeur du monde s'est enrichie d'une beauté nouvelle : la beauté de la vitesse. Le XX ième siècle naissant vit l'arrivée de l'aviation et la généralisation du rêve automobile. « Une automobile de course avec son coffre orné de gros tuyaux tels des serpents à l'haleine explosive ... une automobile rugissante qui semble courir sur la mitraille est plus belle que la Victoire de Samothrace. ». L'homme qui tient un volant est glorifié et la maitrise de la vitesse doit apparaître clairement dans les œuvres futuristes

La modernité devint une source d'inspiration pour ces artistes du mouvement. La ville devint un élément mis en valeur bien plus belle qu'un paysage naturel. Tous les éléments urbains étaient exaltés, les usines et les inventions modernes étaient représentées pour leur beauté. Les futuristes pensaient que le passé n'aidait en rien à construire l'avenir : ils le refusaient donc totalement et partaient du principe que tout ce qui appartenait au passé devait être détruit car pour eux, seul le futur comptait.

Le futurisme fut certainement l'un des mouvements d'avant-garde qui a le plus choqué. Il prône en effet l'amour de la vitesse, de la violence, de la machine, la guerre « comme seule hygiène du monde ». Il toucha la peinture, la sculpture, la littérature, le cinéma, la photographie, le théâtre, la mise en scène, la musique, le bruitisme, l'architecture et même la politique, la cuisine ou la céramique qui sera consacrée dans le dernier des manifestes futuristes de 1939 en plein fascisme d'avant guerre.

Mais bien plus qu'un mouvement, le Futurisme se révéla être une véritable façon de penser et de vivre, qui laissa des traces dans toute la première moitié du XX ième siècle chez Le Corbusier, Raymond Loewy, le Bauhaus, et même dans le dessin de la Citroën DS. Cette exaltation de la vitesse et de la ville, a complètement modelé notre vision de la modernité et perturbé notre notion du beau, du design, de l'élégance jusqu'à l'écœurement et au dégout pour atteindre le rejet dans les années 70.

2009, notre vision du « Futur » reste à écrire car "le présent n'est que le futur passé"
Umberto Boccioni. Stati d'animo : Quelli che vanno, 1911
© The Museum of Modern Art, New York
Un exemple d'architecture futuriste par Antonio Sant'Elia