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Eric Leguay, ma vie numérique

Le présent n'est que le futur passé...

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Comment meurent les "Belles Américaines"


Quand le jeune Antoine Laumet, tour à tour flibustier, explorateur, coureur des bois, trafiquant d'alcool et de fourrures, débarque aux Amériques en 1701 et y fonde Detroit (Michigan), il ne pouvait se douter qu’en changeant son nom pour Antoine de Lamothe-Cadillac, il allait devenir l’emblème du luxe et du raffinement automobile. Car dans les années 1950 ce nom revint en Europe sous la forme de sublimes « coupé de ville », « sedan car », « convertible » et autre « Town car » gigantesques, luxueuses et puissantes.


Cette Amérique là, fit rêver des générations entières de bambins et j’en fus, qui jusque dans les années 70, s’imaginaient confortablement installés dans une Lincoln Marquis, une Buick Park Avenue, une Chevrolet Impala ou une Cadillac Fleetwood. Pendant que Citroën inventait la DS et que nos parents rêvaient de pouvoir s’acheter une 2cv, l’Amérique blanche et riche où tout est grand et possible se construisait un monde où tout tournerait autour de l’automobile.

 

Autoroutes à 12 voies, boite automatique, échangeurs titanesques, direction assistée, banlieues à l’infini, voitures gourmandes, chromes rutilants et air conditionné étaient les nouvelles marques de cet « American way of life ». Les constructeurs automobile Américains du Michigan étaient tout puissant dans cette Amérique industrieuse et entreprenante faite de conquérants à qui tout est possible. General Motors, Ford et Chrysler  avec leur pléiade de marques constituaient les intouchables et incontournables « Big Three ».


Certes ils ne vendaient quasiment rien en Europe et au Japon. Qu’importe, dans un pays où le crédit est si facile, où vivre sans automobile est impossible, ou l’essence est bon marché et où l’on peut se garer sans faire de créneaux, il ne pouvait rien leur arriver. Leur notoriété et leur capital sympathie restaient entiers aux yeux des enfants qui admiraient ces vaisseaux amiraux. Les films noirs montraient des gangsters se protégeant derrières les lourdes portières de leur Lincoln Continental noire et où le Président Kennedy se fit assassiner.

 

Puis la première crise pétrolière vint une première fois frapper ces mastodontes gloutons. Fini les voitures aux cylindrés dégoulinantes de puissance, aux réservoirs dignes du tonneau des Danaïdes, fini aussi les grosses limousines allongées et les « Station wagon » surdimensionnés. L’heure est aux restrictions et aux limitations de la consommation. Au lieu de faire un effort, de taxer le pétrole et de repenser le modèle du « Tout Auto », l’Amérique décida pour ne rien changer à son style de vie d’exploiter plus de pétrole et de forer à tour de bras. De son coté l’Europe, habituée aux privations, aux voitures raisonnables, se disait « quand on a pas de pétrole on a des idées ». L’Amérique sauvera son modèle et son industrie en asséchant encore un peu plus la planète.


Mais l’ennemi déjà était tapi et comme une petite souris commençait à y creuser son nid. Cette petite souris à l’apparence anodine portait le nom bridé de Toyota, Nissan et Honda. Des voitures bien finies, sobres, sans options, particulièrement solides et robustes venaient tailler des croupières aux grosses Américaines. Déjà la « Beetle » et la « Rabbit» de Volkswagen avaient tracés le sillon mais du Japon vint l’invasion. L’Amérique arrogante et toute puissante n’y prêta pas attention, mais l’Europe réagit rapidement en s’adaptant et même parfois en rachetant des constructeurs américains comme Renault avec AMC.

 

Puis vinrent les années 80, les années noires, les années Reagan. Les « Big Three » se mirent à tousser et déjà à supplier des subsides de l’état en menaçant de fermer sans se remettre en question. Car déjà dans les années 80 l’Amérique ne faisait plus rêver et encore moins ces automobiles trop lourdes, démodées, vulgaires et si mal finies. Alors l’argent arriva à Détroit  durant l’ère de Lee Iacocca le sauveur de Chrysler mais strictement rien ne changea et le catalogue des constructeurs regorgea de monstres invendables aux appétits irraisonnés. Ils perdirent durant cette période près de la moitié de leur marché au profit des Japonais, sans parler des voitures luxueuses qui désormais seraient Allemandes ou Japonaises mais certainement plus Américaines.

 

A la fin des années 80, le consommateur devint de moins en moins patriote dans ses achats et la Oldsmobile dont on conservait l’image de père en fils fut rapidement remplacé par une Toyota bien plus fiable et fidèle. Les constructeurs perdant de l’argent menaçaient par un lobbying politique puissant de fermer ou délocaliser mais sans jamais changer de modèle économique et en proposant toujours un catalogue obsolète et désuet. La « Belle Américaine » de ces années là, conserve les marques caractéristiques de la surpuissance, du confort mou, de la taille prétentieuse, du nom francisé, d’intérieurs « Kitsch» et d’une qualité de finition pitoyable.

 

Puis en 1989, arriva Papa Bush, patriote et Républicain, va-t en guerre et moraliste. La belle occasion de redorer le blason de l’« American way of life » fut la première Guerre du Golfe. Ce fut la bonne pioche pour les constructeurs automobiles de se lâcher dans un délire guerrier, profitant des contrats juteux de l’armée américaine. Puisqu’ils avaient raté le marché des petites cylindrés et que le Japonais avaient tout grignoté en part de marché, il ne restait plus que le plus gros, le plus vulgaire, le plus guerrier, le plus gourmands et le plus lucratif des marchés : celui des 4x4. Désormais tous les Américains rouleraient en 4x4, car tous les Américains étaient un peu guerrier dans l’âme. Fiston Bush suivi les pas de son papa, précipitant les constructeurs, aux choix désastreux, dans le mur.

 

Car dans les années 1990 à 2000 les Américains épris de puissance et de force sont devenus obèses et caricaturaux dans leurs énormes Hummer. Cette Amérique là, le monde entier la rejette et la conspue. Elle est vulgaire, violente, autiste au monde et aveugle aux problèmes climatiques. Ces 4x4 sont un non sens au bon sens. Le comble est que ces constructeurs ont conservé des marques en Europe comme Ford ou Opel sans y importer ni leurs modèles ni leur savoir faire, pire encore ils ont même acheté des marques japonaises comme Mazda, Suédoises comme SAAB ou Volvo, sans développer aucun partenariat.

 

Fabriquer en grande série des 4x4 gourmands et surpuissants fut le pire choix stratégique possible pour les « Big Three ». Quand le prix du pétrole explosa et que le crédit se raréfia, il fut quasiment impossible de vendre ces mastodontes, et les autres modèles avaient depuis longtemps désertés leur catalogue. Alors quand en pleine crise boursière et financière s’ouvre cette semaine le salon automobile de Los Angeles, le verdict est sans appel : les « Big Three » sont moribonds. Voitures électriques, hybrides ou à pile à hydrogène, la voiture écologique ne sera pas Américaine mais japonaise, allemande ou coréenne.

 

Ironie du sort, le pays qui adore les dinosaures pour y mettre des musées à tous les coins de rue, est aussi le pays qui ne croit pas à la théorie de l’évolution chère à Darwin. Les « Big Three » sont des dinosaures qui doivent disparaître, trop gros, trop lourd, trop dispendieux, trop vieux. Depuis longtemps les profits se sont évanouis, les pertes sont abyssales, le secteur doit disparaître, c’est déjà ce que pense Richard Shelby sénateur de l'Alabama qui, évoquant les « Big Three », a déclaré "laissez-les tomber !"

 

Pour tout savoir sur les « Big Three »

http://www.ford.com/

http://www.gm.com/

http://www.chrysler.com/en/

 

Pour voir à quoi ressemble un 4x4 made in US

http://www.american4x4.net/

http://www.americancarcity.fr/

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M
Magnifique articles, on voit le connaisseur.<br /> https://www.sylc-export.com
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D
Tiens, ca me fait penser, faut que j'aille faire le plein de ma "ch'tite" 106....  lol
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C
Tiens tu as ressorti une photo d'un autre article ;) celle ou tu es dessus.<br /> Bel article qui laisse à reflechir sur les 4*4 dont certains sont au GPL ou plus récent que des vielles voiture et combre de tout du fait, il polluent moins ;) triste ironie de l'histoire :)<br /> Mais bon, je ne suis pas pour les 4*4... Pour bien d'autre raison, par exemple ils sont plus metrier pour les autres dans de le cas de colisions que ce soit avec des voitures ou des piétons.<br /> Mais bon y a qui diront qu'ils le sont moins que les camions...
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