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17 janvier 2015 6 17 /01 /janvier /2015 16:12

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La nouvelle politique de Facebook impose désormais que les profils soient ceux de personnes nominatives avec un vrai prénom et un vrai nom. Le motif officiel est "il semblerait que votre profil ne soit pas celui d'une personne mais d'une organisation ou d'une entreprise" Mon profil Facebook étant un pseudo, mon compte a été fermé, je n'ai donc plus accès à mon profil, ma page et ma timeline. « Eloi ma vie numérique » était connu depuis 2008 par ma communauté, mes amis, ma famille, me garantissant ainsi la discrétion et l'anonymat que je souhaitais avoir. Facebook m'a proposé d'archiver l'ensemble des contenus publiés, ce que j'ai fait et de les transférer sur une nouvelle page avec mon vrai nom et mon vrai prénom comme identifiant, ce que je refuse formellement. Vous pouvez continuer à me suivre sur ce blog et m'envoyer des messages sur ma boite mail. Mon aventure Facebook s'achève donc ici...

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12 janvier 2015 1 12 /01 /janvier /2015 16:58

 

Nous avons été des millions à être des Charlie, un moment historique pour la défense de notre modèle laïc et démocratique, dans la paix, la fraternité, le recueillement et la dignité. Restons à jamais des Charlie, libres et insoumis...


L'album souvenir...

http://ericleguay.over-blog.fr/album-2217919.html

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Publié par eric Leguay - dans Coup de Coeur
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7 janvier 2015 3 07 /01 /janvier /2015 14:57

une-charlie-hebdo.jpg

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Publié par eric Leguay - dans Coup de Gueule
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31 décembre 2014 3 31 /12 /décembre /2014 23:55

BonneAnnee2015-01.jpg

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Publié par eric Leguay - dans Actualité
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19 décembre 2014 5 19 /12 /décembre /2014 10:03

Merci Alfred...

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17 décembre 2014 3 17 /12 /décembre /2014 14:34

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Cela commence toujours de la même manière, temps froid, gris, hivernal, train, Paris 6h41 du matin. C'est pas une vie, de passer 3 heures dans un TGV omnibus, direction Angoulême. Sur le quai, des têtes connues, fripées, crépues, esseulées, prêtes à monter dans le tortillard de notre française modernité. Je suis incognito, dans ce wagon, connu de beaucoup mais en mission secrète. Aujourd'hui, je jouae au Colonel Moutarde, pour savoir qui a tué le jeu vidéo français ? Avec un chandelier dans la bibliothèque ? Tué est un bien grand mot, le cadavre est encore chaud. Il est même mort plusieurs fois, assassiné par les banquiers, enterré vivant par les politiques, et ressuscité à chaque fois par les joueurs. Ce cadavre bafoué, piétiné, ruiné, hué, écartelé, atrocement mutilé, il faut que j'aille en Charentes pour l'examiner. Le carton disait rdv sur le NIL. Je viens de croiser Hercule Poirot.

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La déco criarde de Lacroix et l'inconfort du TGV n'arrive pas à m'endormir, alors j'arpente ses couloirs. Ici cela sent le joueur, l'étudiant, le prof, le producteur, l'éditeur, le journaliste et le passionné. Tout est bien rangé et équitablement distribué en strates constitutives de ce secteur d'activité. Une mini société en sorte propulsée à vitesse grand V pour sauver Moïse des eaux du Nil. A l'arrivée, même temps gris, même temps pluvieux, même temps froid des mauvais polars. Le regard se porte sur les ruines murées de la rue de Bordeaux, splendeurs passées, ambiance glaçante... Le bus nous dépose au pied du grand vaisseau de bois et de pierre. Il est là, le temple du jeu vidéo français, élégant de façade, usine de papier, atelier de rêves, vaste à l'intérieur mais encore un peu vide, froid, construit de bric et de broc, sauvé de la démolition.

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Mon badge griffonné, n'ira pas se scotcher sur mon revers, je suis un rebel, un papy Geek, une racaille du numérique, bien décidé à entendre vibrer le cœur du jeu vidéo français. Amphithéâtre, foule, l'ambiance électrique, surchauffe. Une brochette de politiques entassés, est terrorisée à l'idée de se faire huer, si mal à l'aise de voir d'un seul coup autant de jeunes, autant de joueurs si pacifiques, autant de créateurs. Enchaînement de discours insipides, de phrases creuses, de langue de bois, c'est dégoulinant de bons sentiments. Pourvu que l'on garde son siège de Sénateur, de vice président, de Préfète. En 68, les étudiants auraient tout cassés dans cette AG, en 2014 la salle s'en fou, elle zappe, elle joue, elle vit déjà au XXIe siècle. Ruban coupé, je viens de voir Rouletabille. Espiègle, il vient faire son discours inaugural, émotion, le visage d'Alexandre en grand s'étale, il nous regarde du Cloud. A mon tour de me retrouver vidéo-projeté, malaise.

 

 

Accolades, embrassades, retrouvailles, nous sommes tous là, vivants, comme des rescapés, heureux de retrouver nos amours d'été. Et toi t'es chez qui ? Chez Ubi ? Tu as reçu un prix ? Tu galères ? Tu peux rien dire ? La sortie du jeu est reportée ? Tu ne veux pas travailler dans le Web ? T'es sur un triple A ? Et la Gamification, tu en penses quoi ? T'as vomis avec les Oculus ? T'as un proto ? Je peux jouer avec ? Merde il a fermé ? Et ton projet ça avance ? Tu veux partir à l'étranger ? Au Québec ? Tu as vu le dernier Quantic ? Candy Crush Saga ça te saoules ? Tu cherches un dév ? Graphiquement c'est sympa ? Le Gameplay est à chier ? Phrases choisies, questions pertinentes, souvenirs partagés, Madeleine de Proust. La communauté est soudée, ici on parle jeu, on vit jeu, on crée jeu, on se forme aux jeux, on mange jeu, on dort jeu... On ne dort pas.

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Et puis il y a la raison pourquoi l'on vient, pourquoi l'on embarque pour une semaine sur ce flagship. L'ultime satisfaction de tant d’efforts ; rencontrer nos idoles. Nos stars à nous, ceux qui nous on fait vibrer jouer et décider de travailler à son tour dans le jeu vidéo, contre nos parents, nos profs et nos responsables d'orientation, ils sont ici. Avec son accent anglais « So Oxford, so British » Peter commence le premier. Son nom, Peter Molyneux aurait pu être un grand parfumeur, une signature de Mode, un designer de sacs, non, il sera l'un des plus grand créateur de jeux vidéo. Fable, c'est lui, et lui c'est une légende. Il est tout particulièrement cher à mon cœur comme créateur d'un concept de jeu le « God Game », quand le joueur devient Dieu. Alors on écoute Peter religieusement comme les apôtres de cette église numérique et vidéo ludique.

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Autre personnage emblématique de cette galaxie interactive, issu de notre panthéon digital français: David De Gruttola, plus connu sous le pseudonyme anglophone de David Cage. Son studio, Quantic Dream est né quand Infogrames et Cryo étaient à leur apogée. David a commencé à faire des jeux quand Myst était encore un mont Golgotha à atteindre, le Walhalla des dieux du jeu. Versailles et Cryo ont disparus, Infogrames noyé dans ATARI n'est plus l'ombre que de lui même, mais David a survécu, terrassant un à un les Goliath se levant sur son chemin. J'ai suivi sa progression et le talent de son studio. Aujourd’hui, il court encore après Myst dans des réalisations plus cinématographiques que ludiques. L'écriture très scénarisée de Heavy Rain en est la preuve. Il vient donner sa ferveur, transmettre sa foi, son énergie à ses étudiants gourmands et passionnés.

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La ferveur de la salle est à son apogée quand les diplômes sont remis, aux étudiants présents brandissant leurs diplômes comme des trophées, une prouesse accomplie. Alors une silhouette fluette, un regard perçant, d'une voix affirmée, au moment de tendre leurs diplômes à mes étudiants IDE CNAM/ENJMIN de Gobelins, Julien Villedieu vient faire l'annonce : «La nouvelle version du Crédit d'impôt Jeu Vidéo (CIJV) va pouvoir entrer en vigueur après le feu vert de Bruxelles», un signe du destin, en ce jour d'inauguration. L'annonce ainsi faite, sonne comme une victoire, une espérance. Après tant de batailles, de pressions, de réunions, de colloques, de rapports, de commissions parlementaires, de morts de studio, et de fuites à l'étranger, le soutien arrive enfin. On nous disait mort, nous serons plus fort, on nous avait enterré, nous seront indestructibles, on nous avait brûlé, nous allons renaître.

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Cette semaine de communion intense autour du jeu et de ses créateurs, s'est donc ouverte dans l'euphorie de perspectives positives. J'ai été un très mauvais Sherlock Holmes, un piètre Inspecteur Derrick, j'aurai mieux fait d'aller boire un thé avec Miss Marple. Point de cadavre, point de crime, rien que des combats virtualisés, des morts de pixels, des cadavres en 3D, je n'ai rien trouvé et repartirai bredouille, la tête pleine de beaux et nouveaux projets, d'expériences interactives. Il restera pour moi, ce moment de grâce, où après tant d'années à découvrir et juger des jeux, notre Rouletabille s'émerveillera encore en effleurant du doigt une Supernova. Merci Stéphane. Au retour j'ai voyagé avec Michel-Édouard Leclerc...

 

Le NIL siège du CNAM - ENJMiN

http://www.enjmin.fr/

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7 décembre 2014 7 07 /12 /décembre /2014 18:30

MetsTonBonnet02

La mode en France est au bonnet, qu'il soit républicain et phrygien, revendicatif et rouge en Bretagne, il devient blanc immaculé pour défendre la montagne. Chic et élégant, il est porté été comme hiver par les hipsters barbus de New-York et Paris. Cet accessoire de mode est tellement devenu indispensable, qu'il est devenu une marque de luxe, chez Sixtine. Dès les premiers frimas venus, il couvre les chefs, protège les crânes chauves et donne un peu de douceur à nos cités. Depuis 10 ans, il couvre pour une bonne cause, celle des Petits Frères des Pauvres ; une petite bouteille de jus de fruit de la marque britannique Innocent. Le tricot solidaire est né, la gamification du tricot est en marche, le réseau social fait le reste.

MetsTonBonnet01

Voilà donc organisé, avec mes étudiants du Master Web Éditorial de Poitiers, et l'association des Web Matters, l'opération Marathon du Tricot : 2 heures pour tricoter un Max de bonnets. Là ! j'entends déjà mon lecteur habituel me dire : « Eloi tu délires, c'est quoi cette histoire de tricot ? C'est pas très numérique tout ça ». Ami lecteur que tu as tort, car la communication numérique passe également en plus de sa gamification par une phase de matérialisation. Laisse moi t'expliquer. Le quantitatif dans la communication numérique ne suffit plus en plus du buzz il faut chercher de l'implication et de la collaboration. La communication numérique à la papa à grand coup d'achat de bannières est révolue.

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En premier lieu, le buzz qui est recherché est assuré par l'originalité de la communication : Mettre des petits bonnets sur une bouteille de jus de fruits. C'est simple, il suffisait d'y pensez et déjà Cochonou regrette de ne pas vous avoir fait tricoter des écharpes pour son bâton de berger. Il était donc simple pour une marque d'acheter en Chine des milliers de petits bonnets pour en couvrir ses bouteilles. Je pense même que le calcul a été fait pour trouver le montant de la dotation fixé à 20cts le bonnet tricoté, validé et approuvé. Cette pratique de communication a encore largement cours chez les grandes marques qui vous offre des tongs, un sac, un collier de pacotille etc etc... ici le talent de l'agence BUG est indéniable, on parle d’ailleurs pour Innocent de communication événementiel.

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Avec cette opération, c'est la communication Web 2.0 qui est en marche en recherchant l'adhésion, l'engagement, et la collaboration de ses clients. Il faut comme élément de motivation, trouver une bonne cause. Les bonnes causes en France sont rares et déjà largement phagocytées, par d'autres grandes marques et des artistes. Face au rouleau compresseur du Téléthon, difficile de sortir du lot. C'est donc l'aide et l'assistance aux personnes âgées qui est mis en avant. Bonne idée car c'est aussi dans ce public (pour ne pas dire cible) que l'on trouvera le plus grand nombre de tricoteuses. En plus d'être une opération de communication 2.0, elle devient également transgénérationnelle.

MetsTonBonnet04

Mais cela ne suffit toujours pas à battre des records de tricots et équiper 350 000 bouteilles de jus de fruit. La gamification prendra le relais de cette opération. Car comme dans un jeu vidéo, c'est le gameplay qui en fait son succès et ici c'est réussi. En premier lieu il y a des règles à respecter, puis des niveaux de jeu (je veux dire de tricot). L'enjeu est d'en tricoter un maximum, mais dans la satisfaction et la convivialité. Ensuite le défi est permanent entre les tricoteurs et tricoteuses. Vient ensuite le moment fatidique de la distribution des petites bouteilles chapeautés. Comme pour le lancement d'un jeu, c'est la ruée assurée, dans les Monoprix de France où la petite bouteille est traditionnellement vendue à un prix INCROYABLEMENT élevé (3 euros les 20cl, soit 15 euros le litre de jus de carottes).

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Bingo, le jeu a dépassé le produit, le plaisir a supplanté la raison. Le collectionneur va collectionner les petits bonnets, le tricoteur va rechercher le sien, la pasionaria du tricot va photographier les modèles et tous vont publier à grand coup de selfies leurs créations. L'effet boule de neige fonctionne à plein. Voilà comment j'ai embringué mes étudiants du Master Web Éditorial à participer à cette formidable opération de générosité commerciale. Leur prochain métier les conduira à imaginer des campagnes numériques (Pour ne pas dire Digitale), Web 2.0 collaboratives et engageantes pour un Musée, une collectivité, une institution, un grand compte, une marque. Présents sur l'ensemble de la chaine, mes étudiants ont recruté, organisé, participé, tricoté, publié, diffusé, twitté, facebooké et enfin livré leur production.

MetsTonBonnet21 Par un triste et froid matin de décembre parisien, j'ai moi même livré les 10 petits bonnets tricotés par les étudiants . Les 10 premiers d'une longue série, les 10 morceaux de bravoures partagées entre filles et garçons, les 10 petites boules de laines. Mes étudiants ont ainsi compris par l'exemple, l'efficacité d'une implication et la puissance du réseau social. J'ai rencontré des gens adorables et de délicieuses mamies, prêtes à donner de leur temps pour nous aider et nous accompagner dans cette aventure 2.0. Alors à l'année prochaine pour relever le défi et monter la barre plus haut des 20 à 30 bonnets tricotés en 2 heures...

 

http://www.metstonbonnet.fr/

http://www.lesreceptionstendances.com/evenements-2/innocent-ou-la-communication-par-levenement/

http://www.bug-agency.com/news/

http://www.sixtine-edelweiss.com/fr/Sixtine-Edelweiss-Bonnets

http://sha.univ-poitiers.fr/masterweb/

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17 novembre 2014 1 17 /11 /novembre /2014 17:55

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Un week-end placé sous le signe d'une expérience spatio-temporelle, digne des grands explorateurs à la recherche des fauves d’Afrique. Non je n'étais pas au Paris Manga Show, j'étais juste en face, au Salon de la Photo. Petite suggestion aux organisateurs de ces deux salons ; FUSIONNEZ. Cela donnera de la matière aux photographes et aux Cosplayers, l'occasion de poser. Il était assez facile de connaître la destination du public entre ces deux salons à la sortie du Métro. Tels des Japonais les fans de photos ne sortent jamais sans leur Canon bien en évidence, alors que les fans de Manga ne sortent jamais sans leurs peluches.

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Mes amis et ma famille savent combien chez moi la photo est une passion dévorante. Si le mot addiction s'applique à moi, elle n'est pas dans le jeu vidéo que j'affectionne particulièrement mais dont j'ai réussi à contrôler mes pulsions, elle s'applique à la photo. J'ai déjà plusieurs fois traité ce sujet sur mon blog et m'éloigne le plus possible, d'un appareil photo, d'une expo photo, ou d'un photographe. Rien n'y fait, c'est avec ma tablette ou mon téléphone portable (qui n'est pas un smartphone) et quand j'y mets des piles, mon Nikon, avec quoi je mitraille tout ce qui bouge. La vie, les choses insolites, mes étudiants, le ciel bleu, l'architecture, les stilettos (rouge), les cafés gourmands, les joueurs de jeux vidéos, tout y passe.

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Alors, une fois poussée la porte de l'enfer, j'ai tenté tant bien que mal d'explorer avec neutralité les allées de ce salon. Depuis l'invention de la photo, accéléré par l'apparition du numérique, cette activité oscille entre un métier artistique, une profession journalistique et un loisirs d'experts passionnés. Il y en a donc pour tous les goûts, toutes les bourses et toutes les passions. Pourtant c'est un métier en crise, crise du coté des photographes qui luttent contre les photos gratuites et de l'autre, crise industrielle avec la concurrence trop forte des smartphones 8M de pixels. Cette crise se ressent violemment ici, où les stands des fabricants d'appareils photos sont moitiés moins nombreux qu'il y a 5 ans.

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J'ai donc parcouru les allées, en scrutant les visiteurs, histoire de faire le socio-style des accrocs de la photo. Cette technique d'identification marketing d'une cible est un bon indicateur du potentiel de diffusion ou de réduction du marché. Si a priori toute la population prend des photos, toute la population n'achète pas des boîtiers à plus de 2 000 euros. Quand on aime prendre des photos, on aime forcément regarder les photos des autres, émotion garantie en regardant la rétrospective de Sabine Weiss. Escroquerie garantie avec

MA FRANCE EN PHOTO de PARIS MATCH, où vous vous apercevez rapidement que vos clichés sont moins clichés que ceux exposés. Je devrais d'ailleurs songer à exposer...

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Le Baroudeur, est le premier spécimen photographique rencontré au pays des accrocs de la photo. La cinquantaine, bourru, habillé en ville comme à la campagne d'un treillis de chasseur. Il a en bandoulière deux ou trois boîtiers avec autant de téléobjectifs. Il se lève aux aurores pour traquer le soleil, l'ombre, la pluie ou tout autre animal nocturne. Il rêve d'être paparazzi, ou JRI, il parcours le globe mais ramène des photos de Marrakech. Il adore photographier les pauvres de la planète ou les paysages que nous ne pourront jamais nous offrir. Quand il prend des photos de nos contrées, il les rends glauques et sordides. Il ne parle que technique, ISO, macro, angle, et donne volontiers son avis sur des proses incroyables lui qui ne vit que des photos de mariages en province. Quand il vient au salon, c'est pour coincer le démonstrateur et s'en vanter.

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Le Romantique, c'est le séducteur, qui a bien compris tout le pouvoir de séduction de son appareil. Il a la trentaine, aime les atmosphères brumeuses et les effets Photoshop. La chemise blanche ouverte, il aime parler de ses expériences en LOMOGRAPHY, qu'il ne quitte plus. Il tourne autour des podiums de mode, des bars branchés, des rues Tokyoïtes et des soirées underground de Londres ou Berlin. Il est encore adepte du « Pola » dont il vante le grain. Il a sa galerie virtuelle et expose déjà à Milan, Moscou ou Buenos Aires, jamais à Paris, ville trop ringarde. Il aime enseigner et parler de ses sujets plus que de la technique. Il teste tout, les effets, les boîtiers, les filtres. Son boîtier est forcément d'occasion, car plus fiable et plus émouvant, d'ailleurs dans un an, c'est promis, il revient à l'argentique.

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Le Voyeur, se repère facilement à sa façon instinctive de reluquer les téléobjectifs. Il a toujours une bonne raison, une bonne excuse pour faire du nu, caché ou dévoilé. Les stands le connaissent bien car pour l'attirer, il suffit comme au salon de l'auto d'exposer un modèle féminin sur une Harley-Davidson, pour le capturer. Il est pornographe dans l’âme et cache cette passion dévorante à travers un objectif. On le retrouve à la librairie du salon passant des heures à regarder The Big Book of Breasts. TASCHEN. Il ne peut pas prendre une photo sans se cacher, sans s'éloigner du modèle. Il aime le noir et blanc qui met le grain de peau en valeur, il aime l’obscurité et les décors cramoisis.

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Et puis il y a moi. Moi dont le bon Dieu se moque en permanence, ayant même créé pour me narguer un homonyme photographe...Moi qui ai des milliers de photos non encore prises dans la tête. Moi qui devient malade à l'idée de rater le cliché. Moi qui veut juste immortaliser l'instant, geler le furtif. Moi qui rêve comme un enfant devant toute cette panoplie technologique. Moi qui passe des heures sur Photoshop. Moi qui depuis l'age de 6 ans photographie la vie, la mort, l'insolite. Moi qui ne sais pas faire de belles photos. Moi qui reste admiratif devant le travail des autres. Moi qui ne sait pas faire poser. Moi qui adore la photo. Moi qui ne suis pas photographe...

 

D'autres liens à découvrir...

http://www.erick-leguay.com/

Marathon Photo Numérique de la Fnac

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9 novembre 2014 7 09 /11 /novembre /2014 15:42

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A Paris, La Hune, installée au cœur de Saint-Germain-des-Prés entre le Café de Flore et Les Deux Magots a fait l'histoire littéraire et artistique du Paris surréaliste. La Hune de Saint-Benoit écrit elle, l'histoire du jeu vidéo en s'installant comme un incontournable des grandes manifestations du jeux vidéo en région. Petite sœur de la grande Gamers Assembly de Pâques, la GA'lloween renoue avec l'envie de jouer en famille, juste pour le plaisir avec ses potes, sous l’œil bienveillant des parents et amis. Cette manifestation prend chaque année de l'ampleur, repoussant les murs et faisant exploser le budget NUTELLA du bar.

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Cette année encore, j'ai répondu présent tout un week-end, pour revoir « ma famille » du jeu et sentir vibrer la passion pour le spectacle vidéo-ludique. Le jeu vidéo est devenu un spectacle entier, dédié et suivi par des milliers de passionnés. Quand je dis un spectacle, ce n'est pas un vain mot, car le jeu vidéo est le seul loisirs contemporain qui intègre à ce point son public pour créer un événement spectaculaire et entier. L'interactivité du support n'y est pas étranger.

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IL y a d'abord les tenues revêtus par les « Team », comme moyen de reconnaissance et d'identité commune. Ces simples T-shirts se transforment rapidement en costumes sophistiqués pour mettre l'ambiance. Puis il y a la table de jeu, véritable mise en scène de la Team avec ses doudous, peluches et autres grigris qui au milieu du fatras numérique viennent affirmer un territoire et une scène de jeu. Ensuite s'ajoutent les cris et les champs ainsi que la mise en scène des tournois. Certains « Cosplayers » s’invitent à la fête pour vivre cette effervescence numérique, cette explosion de Pixels.

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League of Legends (LoL pour les intimes) est le jeu qui permet la symbiose de toutes ces exigences spectaculaires et assure le show dans la salle et sur scène. Les écrans vidéo projetés assurent le show numérique tandis que les commentateurs et des joueurs vibrent en costume de Stroumpf. L'expérience est totale, et le plaisir est intense.Les autres jeux ne sont pas en reste et Team Fortress 2 assure aussi le show. Dans une moindre mesure, le très « soviétique » World of Tanks, qui compte déjà de nombreux adeptes, ne se montre pas encore assez show off.

 

 

L'enjeu pour les éditeurs de jeux vidéos est de rapidement intégrer cette dimension « Show » dans la conception de leurs jeux afin d'assurer un spectacle entier lors des tournois et j'oserai dire « transmédia » de leur production. C'est par le jeu vidéo et plus largement par les nouvelles interactions que se dessinent les loisirs de demain. Ils se tournent en référence directement vers le spectacle vivant et l'interaction. Mes étudiants de CNAM-ENJMIN-IDE intègrent déjà en partie cette dimension spectacle à la création d'un projet vidéo-ludique pour satisfaire la gourmandise de plus en plus forte des joueurs.

 

http://www.gamers-assembly.net/fr

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2 novembre 2014 7 02 /11 /novembre /2014 12:04

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Comme le disait si bien Pierre Desproges ; « Alea jacta est » !!! traduisez par « ils sont bavards, à la gare de l'Est ». Cette année, la Paris Games Week sera marquée par la présence incontournable des lunettes immersives OCULUS. Oculus veut dire œil en Latin, et j'ai bien cru, en quatre jours intensifs de salon, avoir à faire à une armée de légionnaires Gaulois venus découvrir une merveille venue de Rome, en l'occurrence de Californie. La Paris Games Week pris soudain l'apparence d'un village Gaulois retranché, face à l'invasion de technologies immersives et d'expériences « digitales ». Oculus !!! Oculus !!! Oculus !!! ils n'avaient plus que ce mot à la bouche durant ces quatre jours.

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PULVEREM OB OCULOS ASPERGO (jeter de la poudre aux yeux)

Cela tombait bien car le stand qui me permit de passer un Week-end sous l'eau (virtuelle) n'était autre que celui de l'école de jeux vidéo ENJMIN-CNAM-GOBELINS. Rien de mieux pour attirer les foules et jeter de la poudre de pixels aux yeux des visiteurs de la PGW. Deux superbes créations furent présentes, Ascent et Narcosis sur les lunettes DK1 et DK2 de la marque OCULUS Rift. Ce fut parti pour un nouveau playtest géant, à la manière de celui de la Gamers Assembly. Combien sont venus sur notre stand 100, 200, 300 candidats pour un voyage vers le futur de l'expérience digitale ?

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OCULOS ERIGO (Lever les yeux)

Alors ils ont patiemment patienté comme sur tous les stands pour découvrir moins de 10 minutes d'expériences immersives. Ce fut certainement l'attraction principale de ce salon, qui mal placé dans l'année, ne permet pas aux éditeurs de faire des annonces de sorties de titres. Patienter est un vain mot, car ce salon se caractérise par la lenteur et la longueur de ses files d'attente. Qu'importe, l'ivresse numérique est au rendez-vous et personne n'est déçu. Vraiment personne, il y a un enthousiasme général à chausser ses lunettes lourdes et au design peut attrayant. De 10 ans à 50 ans, Femmes, Hommes, enfants, tous veulent goûter de l'immersif et ressentir le vertige jusqu'au vomissement.

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CONQUIESCO IN OCULUM UTRUMVIS (dormir sur ses deux yeux)

Mais que sont vraiment venus chercher ces badauds qui badavent devant les OCULUS ? Car le fait est entendu, l'expérience est frustrante, quelques minutes à peine, d'un gameplay hasardeux, pour quelque chose qui n'est pas vraiment ludique mais déjà immersif. Alors replongeons nous , aux origines des foires qui présentaient dès 1896, les premiers films du « cinématographe » pour comprendre cette envie de découverte, cette gourmandise d'expérimentation. Ils veulent être les premiers, pour raconter un jour, dans très longtemps, cette première immersion, quand leur petit fils dira « dit papy c'est vrai que tu as vu les premières Oculus ? »

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CONVERTO OCULOS AD ALIQUEM (attirer le regard)

Difficile dans ce cas d'avoir un avis cohérent et raisonné après cette première découverte. Le « Whaou » du projet est encore trop neuf et trop présent pour être vraiment crédible et exploitable. Car que ressentent vraiment les utilisateurs après ces 10 premières minutes ? Ont-ils envie de jouer plus longtemps ? Sur quels jeux ? Je suis moi même souvent dubitatif de l'impact de l'immersion, et pourtant fervent défenseur et utilisateur régulier. A regarder de plus prêt et à l'écoute des utilisateurs réguliers, le casque ouvre plus de perspectives que de projets à court terme. S'il est évident que le loisirs numérique se dirige tout droit vers l'immersion, la forme qu'il prendra est encore à définir. Casque, lunettes 3D en RA, projection géante ? Nous n'en savons encore rien.

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DEMISSIS IN TERRAM OCULIS (baisser les yeux à terre)

Pendant ce temps là, à travers la planète du Jeu-vidéo, des milieux d'utilisateurs découvrent avec enthousiasme ce balbutiement technique sous la forme rétro-futurisme, de ces lunettes immersives. Et si ces lunettes n'étaient là que pour faire causer dans les chaumières à la recherche d'un objet, qui fasse vraiment XXIe siècle ?. Car c'est la première raison de cet engouement, l'impression de toucher du doigt un petit morceau de Futur. On en a rêvé l'OCULUS l'a fait, pour paraphraser SONY du temps de sa splendeur. Ce petit casque, moulé noir qui cache de grosses lentilles connectés, n'est autre que l'expression de notre modernité exhibable. Il FAUT être vu, photographié, filmé, Tweeté, Facebooké, Viné, avec des OCULUS sur le nez, pour rester dans la tendance et survivre au « Mood ».

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EXCUTIO OCULUM ALICUI (arracher un œil)

Alors si l'objet n'a que cela comme vertu pédagogique de notre volonté commune de rentrer dans le XXIe siècle et ses mondes immersifs alors j'ai immédiatement envie d'arracher les yeux des impétrants demandant de les tester. Tout ça pour ça ? Toute cette technologie, pour juste apparaître moderne aux yeux de son réseau social ? Je ne peux le croire, je ne veux m'y résoudre. Car devant ces lunettes, d'autres réfléchissent au potentiel de l'immersion dans des mondes recréés, imaginaires ou hyper réalistes. Nous sommes alors un peu comme Léonard de Vinci inventant le parachute au moment ou l'homme ne sait toujours pas voler !!! à quoi cela sert ??? grimper l’Everest ? Visiter les profondeurs ? Prendre des montagnes Russes ?

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IN OCULIS ALICUJUS SUM (se mettre quelqu'un dans la poche)

Que pourrions nous faire de ces lunettes ? Planer ? Avoir le vertige ? Voler ? Grimper ? Tomber ? Rêver ? Sans jamais quitter le confort de son salon ? Tel est le rêve des créateurs, entre la simulation et la poésie, entre la crédibilité et le rêve absolu. C'est à cela que travaille l'ensemble des « Game Designer » que compte la France et les USA, pour apporter aux éditeurs des produits clés en main, marketés, vendeurs, au gameplay accessible et immersif. Difficile donc de trouver des jeux grands publics avec des OCULUS avant plusieurs années sous le sapin pour Noël. Les projets restent encore 100% expérimentaux et pédagogiques. On teste, on teste, et on teste... avant de voir un AC sous OCULUS (Assassin's Creed) pour Noël 2016.

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OCULIS ALIQUID DEVORO (dévorer des yeux)

C'est sans doute ce qui a conduit FaceBook à investir 2 milliards de dollars dans un casque immersif de peur que Google ne le fasse et n'intègre déjà ses OCULUS dans sa Google Car visionnant Google Earth. Les entreprises Chinoises sont prêtes à fabriquer en grand volume ces casques plus ou moins fiables, pour préparer l’après Smart Phone et anticiper les addiction futures générées par un FarmVille, un Candy Crush ou un MineCraft en 3D temps réel. La technologie est prête, l’industrie est sur les rangs et les éditeurs impatients, il ne reste plus qu'à trouver le public et l'usage.

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OCULOS DE ALIQUO NON DEJICIO (ne pas quitter quelqu'un des yeux)

Pourtant, l'industrie a déjà trouvé de nombreux usages de simulation pour ces casques immersifs. Depuis les premiers « Data Gloves » en « Virtual Realities » l’industrie exploite déjà des outils de visualisation immersif virtualisé. Que l'on soit chez EADS , RATP, PSA, VINCI, BOUYGUES, AREVA, AIRBUS etc etc, la simulation virtualisée est devenue un outil quotidien, pour faciliter la prise de décision et accélérer le prototypage. Il n'y a rien de ludique, mais parfois l'industrie devance le loisirs. C'est sans doute pour cela que tout le monde scrute les réactions de ces premiers testeurs d'OCULUS, du marketing au commercial, des Game Designer aux investisseurs. Il manque peu de choses pour passer du statut professionnel au statut grand public, un peu à l'image des drones.

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PERVERSISSIMOS OCULOS HABEO (loucher)

Comme les citoyens Romains qui avaient déjà l'habitude d'utiliser des tablettes, d'argile, nous reparlerons couramment latin avec des OCULUS. Comme dans le prémonitoire film MondWest de Michael Crichton, nous poirrons revivre la vie au temps des Romains. Un dernier détails intrigue les utilisateurs de ce casque : la prétendue faculté de vomissement de son usage. Ainsi la question est systématiquement posée avant l'utilisation, rarement effective même si l'on peut ressentir un malaise, et presque une déception à la fin de l'expérience de ne pas avoir régurgité son MacDo quotidien. Et si cette capacité vomitive était l’argument de vente des prochains projets ? Le jeu qui vous fera gerber ? Comme ultime expérience de l'interactivité ? Dans un monde à la recherche de sensations fortes.

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Oculus Rift

Playtest Oculus Rift à la Gamers Assembly

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19 octobre 2014 7 19 /10 /octobre /2014 19:27

 

Vous en avez assez de ces chats qui pullulent sur le Net !!! adoptez un Chien ;-) faites circuler...

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20 septembre 2014 6 20 /09 /septembre /2014 22:33

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L'année universitaire a recommencé, et avec elle, mes aller-retours vers Poitiers et Angoulême.  Ceux qui connaissent ce trajet, pour l'emprunter l'été,  savent que depuis 2009, les TGV Atlantique en livrée bleu grise  furent habillés par Christian Lacroix. « Christian Lacroix a imaginé une harmonie chromatique énergique violette et rouge pour cette Seconde classe réinventée. » Cela ne vous aura pas échappé que cette ligne atlantique ne dessert pas Arles.  Qu'importe, c'est ce décor prune et violine, recouvert d'une moquette au dessin pré-tâché,  qui servira d'ambiance pour tous les TGV. Christian Lacroix n'était pourtant plus styliste haute couture, quand cette mission lui fût confiée. Sa maison de couture au décor si singulier avait même fermé,  étranglé par les banques. Rares étaient en effet les clientes prêtes à se déguiser en « carmencita  de bazar » ou les hommes en « torero de pacotille ».

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Si le personnage est créatif et surdoué,  en affaire,  il n'a pas senti soufflé le vent du golfe, ni celui de l'Asie.  Le voici reconverti en styliste, décorateur et costumier, de théâtre,  et d’hôtels à la façon « Roger hart et Donald Cardwell ».  N'étant ni désigner,  ni ergonome, il n'avait pas non plus de compétences particulières pour les contraintes industrielles, et encore moins celle du TGV. Pourtant comme le dit si bien la SNCF « Le grand couturier Christian Lacroix a redessiné l'aménagement intérieur des nouvelles rames TGV. Couleurs repensées, équipements inédits et espaces généreux : redécouvrez votre TGV ! »

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C'est à l'issue d'un appel d'offre long fastidieux et compliqué que Christian Lacroix et l'agence MBD Design,  furent désignés, contre KENZO, pour équiper 193 rames. Pourtant la concurrence était rude. Voici donc Christian Lacroix à la tête d'une armée de designers,  ingénieurs,  responsables SNCF pour affronter la dure réalité des besoins et attentes des usagers. Le trait de génie de départ était de symboliser l'idée du voyage par la forme d'un V,  déployé dans les têtières en forme d'ailes d'oiseau. L'accroche est séduisante mais s'arrête aux têtières pour le reste tout semble l’œuvre d'une immense improvisation. L'autre idée réside dans les sièges à piétement central donnant un effet de flottaison... Malheureusement le résultat est très loin des ambitions de départ.

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Prenons en exemple cette protubérance métallique placée au niveau de la tête. Elle sert de liseuse et de marque place. Depuis l'invention des voyages en train en 1848, les numéros de places sont en hauteur d'yeux du voyageur qui rentre dans son wagon. Le simple déplacement vers le bas plonge tout voyageur dans un profond désarroi. Diantre mais pourquoi donc coller ces chiffres en bas obligeant le voyageur à fixer les yeux des voyageurs déjà assis ? Pourquoi ce non sens illogique ? qui perturbe et ralenti l'installation à sa place ? Pire,  ce bloc disgracieux déborde des têtières. Il devient un objet dangereux quand vous le rencontrez brutalement, en tournant la tête pour simplement discuter avec votre voisin. Combien de victimes cognées sont dénombrées par an pour simplement un effet de style d'un coup de crayon mal pensé ? C'est inesthétique, disgracieux et dangereux.

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Parlons maintenant de l’accoudoir pivotant et basculant qui comme les vitres arrières de certaines voitures ne bascule pas complètement.  Cela n'a aucun effet et chacun s'accroche à ce maudit accoudoir qui ne s'est pas assez escamoté.  Il n'y a pas que les accoudoirs qui ne s'escamotent pas complètement.  Il y a les reposes pieds qui mystérieusement prennent autant de place ouverts que fermés.  Si comme moi vous mesurez plus que 1m90,  vous aurez la chance de vous y cogner.  Ce cogner sur du Lacroix c'est déjà du grand luxe. Le porte gobelet est pile positionné au niveau des genoux des passagers et ne sert à rien car le dossier est trop penché pour accueillir une bouteille de 50 cl, pourtant vendue à la voiture bar. Idem pour la tablette flottante sur une barre métallique qui est trop proéminente et tranchante pour être vraiment confortable.

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Vous en voulez encore ? Parlons maintenant de la qualité de tout cet assemblage disparate.  Bien que le styliste n'y soit pour pas grand chose,  on était en droit d'attendre une qualité luxe pour l'emblème de la technologie française.  Là encore c'est raté. Nous avons désigné Lacroix pour faire du H&M. Les dossiers des fauteuils sont si fins qu'ils ne maintiennent rien. Le tissu est tellement de mauvaise qualité, qu'il est brûlé,  rappé, usé aux endroits de frottement après seulement 5 ans. Que dire de la jointure entre les têtières et le dossier,  qui après quelques années laisse voir sa visserie et le panneau d'aggloméré. Il est clair que nous sommes bien dans un TGV français et pas dans un ICE de la DeutschBahn. Seule la moquette à l'imprimé déjà tachée survit mieux, ayant absorbé par son motif, les tâches faites par les millions de passagers.

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La palme revient à ces places câblées pour accueillir l'électricité, et qui pourtant n'ont pas de prises pour recharger notre quincaillerie numérique indispensable en 2014 à tout voyageur occidental. Pas non plus de connexion WiFi, pourtant disponible sur Thalys et ICE ce qui est in comble pour l'étendard de notre modernité. Ils en pensent quoi, ces touristes Chinois ou Coréens de nos TGV qui découvrent pour la première fois, ces wagons mal conçus aux fauteuils usés et fatigués. Je ne parle même pas des messages jamais diffusés en Anglais, ni des marches pieds qu'il faut escalader.

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Ce TGV mal réaménagé est un peu à l'image de notre industrie française. Nous ne mettons jamais les bonnes personnes aux bonnes places, nous privilégions toujours l'effet,  l'apparat,  le grandiloquent,  au pratique et à la qualité.  Nous ne sommes jamais dans le modeste et le pragmatique mais dans l'exhibition et le bling bling. Nous voulons toujours jouer à Vatel face à Louis XIV.  Ainsi nous avons préféré le geste du créatif au détriment du confort, de la pérennité et de la qualité... 

 

Cet article et tout spécialement dédicacé à Stéphane Vial

http://www.stephane-vial.net/

http://fr.wikipedia.org/wiki/Christian_Lacroix

http://tgv.lu.voyages-sncf.com/fr/train-christian-lacroix

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30 août 2014 6 30 /08 /août /2014 19:24

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Dans les années 90, deux cafés détenus par les frères Costes, se faisaient presque face d'un coté de l'autre du boulevard Sébastopol : Le Coste et Le Beaubourg. L'un « de-signé » par Stark ; le Costes et l'autre « architecturé » par Christian de Portzamparc ; Le Beaubourg. Ces deux cafés étaient « The place to be » des années 90, pour peu que l'on soit artiste, designer, où que l'on travaille dans la mode, le design, l'art, l’informatique et le digital. Le Studio Graphique d'Apple France y organisait des « master-classes », dont j'étais à l'époque très friand. On rêvait de progrès et de numérique, de laser et de digital. Nous imaginions un monde connecté et ludique, ou le savoir serait largement diffusé et accessible, gratuit et interactif. Le Costes et son escalier majestueux ont depuis disparu et le Beaubourg est abandonné aux touristes.

OnRefaitLeMonde.jpgAujourd'hui, en guise de rentrée, Gilles Babinet, nous invite dans ce lieu mythique de la créativité, pour « refaire le monde », avec simplicité et décontraction. Cela fait deux ans qu'il a eu cette initiative, de petits déjeuners informels entre spécialistes et experts du numériques. S'y croisent, des experts, des consultants, des start-upers et des « prospectivistes ». L'objectif est d'aborder, en libre parole, des sujets de fond. Alors studieusement nous sommes venus « refaire le monde » avec comme thème « le progrès ». C'est en bouclant son dernier ouvrage sur le Big Data (J'ai complètement oublié de demander à Gilles combien de V il accole au BigData), qu'est venue cette « reflection » sur le progrès comme source d'évolution et d'épanouissement de l'humanité. Quelle relation se profile entre l'homme et les objets technologiques dans les années futures ?

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Une citation de Joël de Rosnay, qui sait si bien décrire le Futur, servira d'introduction « Il n'y a aucune raison de penser que l'Homme vit mieux aujourd'hui ». En d'autre termes, est ce que le progrès technologique, sert à l'épanouissement de l'Homme ou à son asservissement ? Serions nous en phase de servitude volontaire ? comme des iDiot attendant le 9 septembre la sortie du nouvel iPhone ? Débat de fond à l'heure ou le concept de « Transhumanisme » de Google, devient un modèle de développement, tournant parfois au sectarisme. Ainsi la prochaine GoogleCar pourrait très bien nous interdire sous prétexte d'erreur, de fréquenter certains lieux, comme le fond déjà certains assistants de saisie des Smartphones, qui ne connaissent mystérieusement pas le mot « fesse ».

 

 

Ce débat n'est pas nouveau, les débuts du XXe siècle étaient déjà traversés par ces craintes liées à la révolution industrielle, avec comme danger, le remplacement de l'homme par la machine. Les films « Métropolis » et « Les temps Modernes » sont le témoignage de ces angoisses passées. Ici ce n'est pas seulement la substitution de l'Homme par la machine qui est en jeu, mais les 3 lois de la robotique de Isaac Azimov qui sont remises en cause, à partir du moment où l'Homme devient une erreur de la machine. Hugo de Garis, en prophète de l'apocalypse technologique, s'imagine en fabricant de cerveaux comme d'autres se placent en vendeurs de temps de cerveau disponible.

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La philosophie peut nous apporter certains éclairages, je me souviens encore de mes nombreux débats avec Jean-Michel Besnier, sur la notion « d'Homme simplifié» quand je tentais de lui apporter la preuve, selon la pensée de Michel Serres, que la technologie au contraire permettait d'imaginer un « Homme Augmenté ». Alors tout à fait naturellement notre débat s'orienta vers la pensée de Rousseau, autour de l'état naturel de l'Homme et de sa liberté. Si le XIXe siècle avait adoubé Jules Verne comme le romancier du progrès, qui sera ce passeur au XXIe siècle ? est ce qu'à la manière des regroupements humains de Fahrenheit 451, il ne nous restera bientôt plus que la poésie pour s'émanciper face aux machines ?

 

Digitalis Purpurea

http://www.gillesbabinet.com/

 

Rencontre avec Joël de Rosnay

http://ericleguay.over-blog.fr/article-monsieur-de-rosnay-racontez-nous-le-futur-s-il-vous-plait-107960940.html

 

Le syndrome de la touche étoile.

http://ericleguay.over-blog.fr/article-le-syndrome-de-la-touche-etoile-111921059.html

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10 août 2014 7 10 /08 /août /2014 16:12

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C'est fini, l'été à Paris est définitivement pourri. Temps gris, et pluie au menu de ce mois d’Août, alors que la capitale est abandonnée aux touristes, et que l'inspecteur Clouzot est TOUJOURS à la recherche de 52 Kg de cocaïne, il faut trouver à s'occuper. Quoi de mieux que de revoir ou voir pour la première fois Playtime de Tati, une satire moderne d'un Paris déshumanisé en dysfonctionnement permanent. C'est amusant et touchant de revoir les images de son enfance, ces autos clinquantes et ces buildings de verre et d'acier. La scène du restaurant reste un must d'humour totalement incomprise à l'époque. Saurions nous aujourd'hui avoir cet humour décalé sur la technophilie de notre société ?

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Car dans ce Paris si vide, dans ses entrailles humides, dans ses sous-sols caverneux et ses bars louches se cache, l'inattendu, se dissimule l'indicible. On pousse une porte et dans la moiteur d'une après midi morne, il est aisé de tomber sur une troupe de joueurs fanatiques prêts à tester tout un après midi, le meilleur du jeu indé. Bien sur il faut être initié et surtout invité à venir prendre les commande d'un vaisseau se lançant à la destruction d'extraterrestres exotiques. Le buffet est dressé, les ordinateurs allumés, les tshirts ajustés, c'est régressif et jouissif, pour passer une bonne après midi.

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Cette scène doit sans doute se répéter dans Paris, et en province, alors j'ai testé pour vous un jeu à la production collaborative, un jeu drolatique et cybernétique : Fireworks Command Ship. FCS pour les intimes est son nom. Imaginé par Franck Boyer, il a se projet en tête depuis 2004. Sa structure de production est singulière car basée sur l'apport de chacun sous contrat afin d'avoir une équipe souple, professionnelle mais légère et peu coûteuse. Ce jeu est donc calibré pour être réalisé par une petite équipe, mais très adaptable et à l'écoute de nos playtests. D'où notre présence curieuse à tester et améliorer un concept déjà fort.

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Ce jeu est truffé de références à peine voilées, aux grandes icônes de la SF et du jeu vidéo. Immédiatement l'on trouvera un petit air vicelard à la manière des extraterrestres de « Mars Attack », ou alors un air goguenard comme celui de la « Soupe aux Choux ». C'est l'humour et la référence qui priment ici, car ce jeu en mode solo développe une narration avec des effets et des rebondissements comiques. On rigole, on s'amuse, très simple à prendre en main, il redouble d'effets visuels et sonores. C'est simple mais très efficace, familial mais qualitatif.

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J'ai complètement oublié de vous dire que ces extraterrestres pas malins se font dégommer en leur tirant des feux d'artifices. Les explosions à l'écran sont jubilatoires et joyeuses, dans des décors en 3D temps réel. Il n'y a pas de violence, rien que des belles rouges, des belles bleus pour exterminer ces soucoupes volantes. Sans doute terminé en Décembre, la première version de ce jeu sera édité sur PC avant d'autres plates-formes et peut être l'appel de fonds via kickstarter. Il y a un réel effet 14 Juillet dans ces explosions de bouquets et dans l'enthousiasme des joueurs. Comme Tati savait très bien mettre en scène ce partage festif, c'est un peu jour de fête...

 

La page Facebook

https://www.facebook.com/fireworkscommandship/timeline

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4 août 2014 1 04 /08 /août /2014 14:36

14-juillet-2014-poilus.jpgEntre une page météo des plages, des images chocs des bombardements de Gaza et la pantalonnade de l'inspecteur Clouzot à la recherche de 50Kg de cocaïne, la France entre dans une phase mémorielle de célébration du déclenchement de la guerre de 1914. La machine à réécrire l'histoire est enclenchée, largement facilité par la disparition des derniers soldats de cet épouvantable épisode de l'Histoire de l'Europe. Plus aucun Poilu ne viendra contredire ni apporter sa vision de sa guerre dans les médias, qui se livrent à une surenchère de bons sentiments à la limite du négationnisme débridé.

Tranchee-1914-1918.jpgOn y va de sa célébration, de son hommage appuyé, de son émotion, de sa pleurnicherie, de son musée, entourés de jolis Poilus en costume et en reconstitution historique façon «Puy du Fou». Le décalage est tel et la propagande si huilée, que cette guerre passe presque pour une partie de campagne, en Taxi de la Marne. On en oublierai presque les millions de morts, de veuves et d'orphelins et le regret éternel du bambin demandant «dis papy raconte moi ta guerre ?». Je suis même surpris que Natacha Polony n'ai rien écrit sur le sujet ? Pourtant une simple lecture des livres, le visionnage de certains films (Le Pantalon d'Yves Boisset) et la recherche sur le Web, montre un tout autre visage de cette Guerre, nettement moins reluisant pour la France officielle et son armée. Étions-nous à ce point les pauvres victimes de ces affreux Allemands ?

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Un petit livre, «Si nous vivions en 1913» recueil de chroniques radiophoniques d'Antoine Prost, illustre à merveille cette France d'avant guerre, cette France de 1913, chauffée à blanc et prête à en découdre coûte que coûte contre les Allemands. Cette France massivement rurale, où l'on parle plus le patois que le français, où le journal reste le seul moyen d'information, alors qu'une grande partie de la population ne sait ni lire ni écrire. Cette France là sera envoyée par Wagons entiers au casse-pipe, pour l'orgueil de quelques Généraux échaudés par la défaite de 1870. Certes, l'automobile existe, ainsi que le cinéma, l’électricité, le phonographe, le téléphone, l'aspirateur, le fer à repasser, l'avion, la TSF, mais ne sont réservés qu'à une élite urbaine et bourgeoise qui loue les poitrines des nourrices bretonnes pour allaiter ses marmots avec la bénédiction du curé.

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En 1914 l'état-major, est encore façonné par l'armée Napoléonienne, désuète et surannée. A la manière des dompteurs du Cirque Médrano, le fantassin est équipé d'un pantalon et képi de couleur rouge dite « garance » nom de la teinture. Ce Rouge vif est très visible de loin, parfaitement inadapté aux nouvelles armes que sont les mitrailleuses. Les soldats français se font abattre en grand nombre à distance. D'autres seront fusillés pour refuser de le porter. Le costume des poilus «bleu horizon» que l'on voit partout sur nos écrans ne sera généralisé qu'en octobre 1916. Exit donc de notre mémoire télévisuel, ce petit «détail» vestimentaire. Je ne vous parlerai même pas des bandes molletières, qui ne sèchent jamais quand les allemands avaient des bottes.

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Autre oubli de ces commémorations façon «Pays de OuiOui» l'offensive «Nivelle», totalement inutile, qui envoya par milliers des pères de famille, des fils, des frères, des amis se faire massacrer sur le chemin des Dames. Après trois années de guerre sans issue, Robert Nivelle prend le commandant en chef de l’armée française. Il remplace en décembre 1916, Joffre, qui avait accumulé les échecs de ses offensives en Artois, en Champagne et sur la Somme. Nivelle promet aux politiques d’obtenir une victoire décisive sur le front. Le secteur choisi pour l’affrontement est le Chemin des Dames. Les pertes sont de 17 000 morts, 20 000 disparus et 65 000 blessés du côté français. Nivelle était bien un Général français, pourtant jamais vous n'entendez son nom cité un seul instant dans ces commémorations pour décrire la boucherie du Chemin des Dames. Sans doute parce que né à Tulle ?

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Mais la partie la plus sombre et la plus affreuse de ces années de guerre, passée largement sous silence de ces moments de recueillement est la notion de «Fusillé pour l'exemple». Grâce à Joffre, l'armée crée une justice d'exception, rapide et expéditive. De 1914 aux mutineries de 1917, 2 400 soldats sont condamnés à mort pour refus d’obéissance, mutilations volontaires, désertion, abandon de poste devant l’ennemi, délit de lâcheté ou mutinerie… 675 d’entre eux sont fusillés pour l’exemple dont certains sur ordre du général Pétain. La plupart des «fusillés pour l'exemple» le seront en 1915. Parfois au refus de porter le pantalon souillé de sang d'un camarade mort au combat. Aucune ville n'a pensé à l'occasion des 100 ans débaptiser sa rue, place, avenue, boulevard «Joffre» associé pourtant à autant d'infamie...

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17 juillet 2014 4 17 /07 /juillet /2014 14:21

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16 juin 2014 1 16 /06 /juin /2014 06:45

2014FenS-02Les tentes sont démontées, le « Made With » Fushia s'est estompé de la façade du CNAM, la Gaîté Lyrique retrouve sa Gaîté Numérique. Les « LED » de Futur En Seine vont lentement s'éteindre après 4 journées, de ferveur populaire, entièrement dédiée aux nouvelles technologies. Cette foire est vibrante, brouillonne et effervescente, avec des innovations touchantes et délirantes qui réenchantent notre quotidien. Ce festival nous fait aimer de nouveau, notre monde contemporain, fait de tâtonnement techniques et de révolutions éclectiques. La jeunesse des exposants, leur enthousiasme, leur capacité de création et leur dynamisme, font plaisirs à voir durant nos périodes grises de crise.

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Je vous invite à un petit voyage dans les allées surchauffées de ce grand Barnum technologique, pour sentir les tendances et capter l'air du temps numérique. Que trouve-t on cette année ? Des robots ? Des applications ? Du BigData ? Des Smart Cities ? Du connecté ? De l'embarqué ? Du tactile ? Du virtuel ? A la fois tout cela et rien de cela. Cette année marque un tournant, 14 ans après le début de notre siècle annoncé comme virtuel et digital à l'excès. Les choses sont plus compliquées et plus troublantes qu'imaginées, anticipées ou redoutées. Avions nous vraiment besoins de tout cela ? Ne sommes nous pas par retour de balancier arrivé à une saturation technologique ?

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L'acte 1 de notre « Age Digital » sera la dématérialisation de toutes nos productions humaines. Nos décennies 80, 90, et 2 000 auront mis 30 ans à transformer en code alphanumérique, en bits, en octets, en décimales, nos textes, notre monnaie, nos lettres, nos journaux, nos films, nos musiques, nos magasines, nos tableaux, nos œuvres, nos amours et nos jeux. 30 ans à patiemment faire passer par le filtre binaire toute création humaine, la rendant pérenne et inaltérable. 30 ans à supprimer la quasi totalité des supports de diffusion et de commerce, livres, disques, radio, vidéo, télévision, banque, supermarché, jusqu'au plus intime de la relation humaine. 30 ans à imaginer un monde parfait dématérialisé qui tiendrait dans le creux d'une main, nous rendant presque divin et éternel. A la fois « Être suprême » et « Homme augmenté ».

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Dans cette corne d'abondance technologique, de surenchère de software, d'applicatifs, de Web 2.0, de virtualité, de jeux vidéos, de smartphone et de BigData, le petit être du bocage que nous sommes tous un peu restés, se sent parfois bien seul et abandonné. Dans ce dédale, il cherche ses repères, écoute et craint le gourou, suit l'oracle de la météo et collectionne ces nouveaux doudous. Comme il a gardé ses vieux Francs ou son premier sachet d'Euros, il garde dans un placard son premier ordinateur, sa première console et son premier portable comme pour prouver à ses propres enfants, combien le monde semblait plus simple et plus accessible avant. Avant le grand chambardement, avant la bulle, avant la fin du XXième siècle, avant Steve Jobs, avant Microsoft, avant quoi...

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Après avoir sans doute trop cassé, broyé, écrasé, digitalisé, numérisé, l'acte 2 de notre transformation technologique passera sans doute par une RE-matérialisation. Un RE-nouveau est entrain de naître sous nos yeux de grands enfants que nous voulons rester. C'est le tournant de ce RE-nouveau que le « Village des innovations » a laissé entrevoir durant ces 4 jours. Nous voulons être de nouveaux des potiers qui d'un fichier numérisé façonnera dans du polyester thermoplastique de nouveaux objets. Nous voulons être des chausseurs de l'imaginaire, des « Christian Louboutin » personnalisables, et nous réaliserons des escarpins de verre pour nos Cendrillons modernes. Nous voulons de la modernité, mais de la modernité ré-humanisée, ré-incarnée et RE-matérialisée.

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Le jeu vidéo, principal précurseur des tendances numériques, a largement ouvert la voie de ce mixage entre objets connectés et matérialisés, pilotables et pilotés par des mondes virtualisés. C'est encore le jeu qui plonge ce monde technologique habituellement froid, dans nos souvenirs de peluches, d'ours guimauves, de trains électriques, de LEGOS et de Monsieur Patates. Là où vous pensiez voir une vieille radio en bois, vos enfants vous expliquerons que c'est une machine à raconter leurs propres contes. Vous pensiez voir un stylo, c'est un stylo à tablette qui n'écrit pas. S'il est écrit « cookies » sur la boite surtout ne les manger pas, « Mother » ne serait pas contente. Caresser un mur pour allumer la lumière, utiliser de l'encre conductrice pour faire des arabesques de lumières, vous semblera très naturel, tout autant magique et pourtant bien réel.

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Le rideau entrouvert de notre futur, vous apparaîtra rapidement comme plus doux, plus intuitif, plus enfantin et câlin, que celui promis par les oracles du passé. Vous aurez plaisir à de nouveau jouer au BabyFoot, dont les parties seront conservées et publiées sur les réseaux sociaux, vous aussi vous vous mettrez à construire votre robot ménager, tout en visitant à Vélo connecté de nouveaux horizons, avec des vêtements à textile intelligent. Plus de crainte de perdre le doudou de votre petit dernier, qui enverra un sms géolocalisé sur votre smartphone pour vous aider à le retrouver. Même le train électrique, votre planche de surf, comme votre drone personnel seront pilotés depuis votre smartphone.

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Quand une balle devient musique, quand une plante produit son énergie, quand votre automobile se gare et optimise votre trajet, quand votre imprimante 3D réalise des santons à votre image, alors l'Homme nouveau est né, un Homme augmenté, un Homme RE-généré, RE-crée, RE-matérialisé.

2014FenS-14

Retrouver l'album de Futur en Seine

http://ericleguay.over-blog.fr/album-2207787.html

http://www.futur-en-seine.fr/fens2014/

http://www.gaite-lyrique.net/

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19 mai 2014 1 19 /05 /mai /2014 09:07

GeeKoPolisLogoLes Geeks ont leur culture, les Geeks ont leur univers, les Geeks ont leur Festival. Geekopolis rassemble en 5 quartiers, ces univers imaginaires, fantasmés et recréés pour notre plus grand plaisir. Ici nous ne sommes pas dans le virtuel mais dans le réel, dans le grandeur nature, dans le Jeu Grandeur Nature. Voici un petit retour en image via l'album de ce Week-end où des Chevaliers Jedi, croisent les Chevaliers de la Table Ronde et où le jeune Link viendra se perdre dans le Nautilus de Jules Verne. Venez vous perdre avec moi dans les couloirs du temps...

GeeKoPolis39Avalon est le quartier général du Médiéval Fantastique, du Seigneur des anneaux au Trône de fer en passant par les Annales du Disque Monde ou le mythe Arthurien. On y croise des chevaliers en armures combattant en tournoi, des orcs en maraude, des elfes avec des pommes, des danseuses envoûtantes et une taverne pour se remettre de nos émotions.

GeeKoPolis48Little Tokyo est le quartier des amoureux de la culture japonaise. Ce village est peuplé des personnages de mangas ou de jeu vidéo. Il y a des concurrents du concours de cosplay, mais aussi des ateliers pour la cérémonie du thé ou sur l'ikebana. Ce Japon imaginaire est populaire, riche de personnages colorés, il passionne toutes les générations.

GeeKoPolis34Metropolis est le quartier dédié à la science-fiction n'ayez pas peur des Stormtroopers, prenez un sabre laser pour maitriser la Force. On peut y a admirer des maquettes de vaisseaux spatiaux et regarder les courts-métrages de SF. J'y ai beaucoup croisé de jeunes individus portant des écharpes, des nœuds papillons, un grand manteau marron ou des tournevis étranges qui parlaient dans une cabine bleue, prenez le temps de les écouter,. Ils sont les représentants du Docteur Who venu « Exterminer » les Daleks .

GeeKoPolis10Le quartier Nautilus, qui fut une grande réussite et mon préféré est entièrement dédié à la culture Steampunk ou rétro-futurisme. Si vous aimer l'ambiance et l'élégance de l'époque Victorienne, des années 1885 et des trains à vapeur ? C'est que Jules Verne berce encore vos nuits avec des mécaniques précises et des engrenages fascinants ? Embarquez à bord du Nautilus ! Et voyagez à la recherche des 500 Millions de la Bégum.

GeeKoPolis46Enfin Teklab est le quartier des nouvelles technologies, de la science, et des jeux vidéo. Entre des combats de robots, des scientifiques en blouse blanche, vivez l'informatique libre. Mes amis de MO5 présentaient le meilleur des jeux vidéos rétros. Moi je suis monté dans mon vaisseau spatial, entre Temps X et 2001, pour continuer mon retour vers le futur dans les couloirs du temps...Le Présent n'est que le Futur Passé...

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Publié par eric Leguay - dans C'était le Futur
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1 mai 2014 4 01 /05 /mai /2014 10:50

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Jour de 1er Mai, il fait triste, il fait gris, qu'allez vous faire cette après midi ? Si vous n'avez pas le cœur à manifester, cueillir du muguet ou à jouer, il y a forcément dans votre entourage, une amie, une sœur, une mère, une compagne, pour vous convaincre de sortir faire du Shopping. Cela tombe bien, ils viennent d'inaugurer près de chez vous, un nouveau centre commercial, rutilant et débordant de boutiques faussement chic dans des décors de cartons pâtes, factices et fragiles. Le tout est bien signalé et aligné sur le bord de la route dans de grands hangars aux couleurs criardes. La proposition semble tentante, vous resterez au chaud, la voiture bien garée à regarder, votre moitié essayer des vêtements « Made In Bangladesh » mal cousus par une ouvrière sans doute déjà morte, sous l'effondrement de son usine. Qu'importe... Il y aura le choix, entre un MANGO, un SEPHORA, un KIABI, un H&M, un C&A, un CELIO, un JULES, un JENNYFER, un DESIGUAL, un CULTURA, un IKEA, un ZARA, un ZODIO, vous finirez épuisé, affalé dans un canapé « Maison du Monde ».

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En sirotant votre mauvais café du STARBUCK, où votre pseudo Eloi est écrit au feutre, vous pesterez contre cette mauvaise journée passée. Déjà à la sortie de cet enfer mercantile, la publicité d'un autre centre commercial vous fait de l’œil, aguicheur et vulgaire, à peine sorti de Terre, pour vous faire vivre une « nouvelle expérience Shopping ». Vous avez envie de vomir. Comment sommes nous arrivés à cette euphorie et se délire constructiviste de Centre Commerciaux ? Comment en à peine 5 ans la périphérie des villes de province et de Paris, c'est couverte de ces grands espaces vides et froids, dédiés à la consommation ? C'est un paradoxe. A l'heure où les entreprises, grandes petites, manufacturière ou autres ferment les unes après les autres, les seuls investissements se réalisent pour ces centres qui importent souvent plus de 95% de leurs produits.

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Pire encore, alors qu'il n'y a pas d'argent pour construire des logements, pour aider la création d'entreprise, pour sauver ALSTOM et LEJABY, il se trouvera toujours une Banque, un investisseur pour financer sans aucune régulation, la construction de ces endroits stériles aux emplois précaires. Bien souvent avec l'assentiment des Maires bien heureux de faire venir à eux les exilés du Week-end oubliant que leur confrère fait exactement la même chose à quelques kilomètres. Regardez un peu autour de vous, cette frénésie entamée, n'est pas finie. Vous connaissiez en région parisienne, les grands centre des années 60-70, Velizy2, Parly2, Roissy2, Rosny2, les Carré Sénart, les Arts de Vivre, Créteil Soleil, Belle Épine, les 4 Temps, les 3 Fontaines ? Vous n'y êtes plus. A coté de ces temples surannées au look défraîchi, mal construits, mal restaurés, se multiplient les enseignes.

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Bienvenue désormais dans de nouveaux temples, tout aussi bas de gamme et déshumanisés ; Bienvenue chez Qwartz, AEROVILLE, So Ouest, Beaugrenelle, One Nation Paris, LE MILLENAIRE, Val d'Europe, quisont bien souvent la propriété de Unibail-Rodamco. Vous recommencez à avoir la nausée ? C'est que vous n'avez encore rien vu, se construit actuellement le plus grand d'entre tous ; EuropaCity. 50 nouveaux centres commerciaux, en plus des 740 déjà existants sont ainsi en construction sur toute la France, nous plaçant comme le leader Européen de la bêtise consumériste. Avec les même escalators, les même parkings, les mêmes enseignes, les mêmes façades, séduisant les élus et le chaland. Les élus sont accrocs à ces constructions, les Préfets ne refusent rien, les investisseurs sont présents, les enseignes en redemandent, alors pourquoi arrêter, pourquoi se priver ?

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Surtout que économiquement, ces temples ne sont pas viables, la fréquentation est en baisse et la crise aidant le recul de la dépense est de plus en plus forte. De lieu de consommation, ces espace couverts sont devenus des lieux de villégiatures pour occidentaux désargentés venus rêver à leur consommation passée. Quelques chose en tourne pas rond. Moi qui en bon enseignant du Digital explique à mes étudiants que la consommation en ligne ne cesse d'augmenter, fragilisant le commerce physique. Vous même êtes adeptes des sites en ligne, plus rusés, moins chers et plus pratiques, vous avez déjà acheté chez ZALANDO le leader Allemand de la chaussure. Allemagne, Grande-Bretagne, Italie, misent à fond sur les enseignes et la consommation dématérialisée.

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Aux USA, qui a toujours 5 années d'avance sur la « Vieille  Europe » le glas a sonné des ces « Mall » gigantesques. Ils ferment les uns après les autres, submergés par le e-commerce et les problèmes de sécurité. Ils font la joie des photographes post-industriels, venus puiser dans ces ruines du XX ième siècle les images de notre splendeur passée. Nous n'avons plus qu'à attendre à notre tour l'effondrement de cette bulle, qui comme un château de cartes verra s'effondrer tour à tour ces empires de papier. Allez, profitez en pour sortir même sous la pluie et fuyez tant qu'il en est encore temps ces lieux infamants.

 

Pour tout savoir de cette frénésie...

http://www.bastamag.net/Toujours-plus-pourquoi-les-centres

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Publié par eric Leguay - dans Coup de Gueule
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27 avril 2014 7 27 /04 /avril /2014 09:26

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Suivons, si vous le voulez bien, cette petite Émilie, que nous regardons grandir de G.A en G.A. Sa vie est déjà numérique et elle suit sa maman dans des aventures incroyables, avec des d'ordinateurs, des serveurs, des manettes, des consoles et des gens aux costumes extravagants. Elle est la digne représentante de la génération Z, qui a déjà, sans doute, des milliers de photos numérisées. A son âge, elle doit trouver cela magique et cool, mais demain ? À quoi jouera cette petite Émilie ? Mettons nos pas dans ses pas pour imaginer de quoi seront fait ses loisirs dans 10 ans, dans 15 ans...

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A l'heure où le jeu vidéo se veut de plus en plus immersif, de plus en plus technologique et de plus en plus spectaculaire, faisons un point sur les tendances qui se dessinent sur les possibles de l'évolution du jeu vidéo, pour les années 2020, 2030. La Gamers Assembly et les ENJMINALES qui viennent de s'achever sont l'occasion de cette plongée prospective. Entre les consoles NextGen, les lunettes immersives, la dématérialisation et la rematérialisation, de nouvelles voies s'ouvrent pour que le plaisir de jouer soit toujours présent et intense. Trois pistes de réflexions sont souvent émises dans les studios et chez les éditeurs.

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Et si l'immersion totale, l'avenir du jeu ? Oculus Rift, Google Glass, écrans 4K, 16K réalité augmentée, robots joueurs laissent imaginer des jeux complètement immersifs et spectaculaires. La frontière entre cinéma et le jeu vidéo s'estompe au profit d'expériences interactives fortes. Tous à vos sacs anti-vomi, car demain cela va dégueuler dans les salons. Chaussées de vos lunettes immersives et malgré l'anti-sickness, votre partie d'une heure et demie vous laissera un goût amer dans la bouche. Presque 200 personnes ont défilé sur les stand CNAM-ENJMIN et IDE Gobelins, pour le plus grand bonheur des bêta-testeurs découvrant comme lors de la première de l'entrée en gare de la Ciotat au cinéma un morceau de ce « Futur » tant convoité.

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Marché de niche ? Expérience de foire ? Outil technologique et scientifique ? Les Oculus Rift sont tout cela à la fois, un grand bluff visuel, une claque à l'estomac. Pourtant tout reste encore à faire et en premier lieu l'écriture d’un scénario adapté et d'un gameplay solide. Ces lunettes immersive concrétise également l'ensemble des rêves des joueurs d'être DANS le jeu et non plus à coté du jeu. Cela l'a pas de prix et si pour l'instant seulement 60 000 lunettes sont diffusées, lorsque SONY ou SAMSUNG commercialiseront ces objets, nos étudiants seront prêts à proposer des jeux. Nous trouverons sans doute cela complètement banal dans quelques années et l'industrie pharmaceutique vendra des millions de boites de Vogalene contre le mal de mer numérique.

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Le jeu comme modèle de développement social et économique ? Nous ne sommes qu'au début de la gamification, mais demain le jeu fera entièrement partie de notre quotidien, pour apprendre, travailler, consommer, se déplacer, aimer. Le joueur 2.0 puis 3.0 sera à la fois, le joueur, le créateur du jeu et le héros de son jeu. Tous connectés, tous joueurs ou les actions de la vie quotidienne se feront dans un Candy Crush saga géant. Aurons nous encore envie de jouer, lorsque son recrutement, sa promotion, ses impôts, ses examens, ses diplômes, seront gamifiés ? Quand des milliers de psychologues trouveront des vertus pédagogiques et salutaires au jeu vidéo, lui qui était encore il y a peu de temps subversif et blasphématoire. Jouerons nous encore lorsque les femmes et hommes politiques proposeront l'ouverture de salles de jeu-vidéos dans les écoles ?

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Et si l'avenir du jeu vidéo était marqué par un retour en arrière toute ? Quand nos enfants en auront marre de voir leurs parents et grands-parents jouer naturellement, vont ils s'en détourner ? Le jeu deviendra peut être ringard aux yeux des nouvelles générations qui redécouvriront les jeux de dés. La culture du jeu vidéo atteint un stade de maturité qui laisse le choix de jouer à des jeux physiques sophistiqués et permettent d'apprécier le rétro gaming. Et si la technologie revenait dans la matérialité du jeu ? Avec des dés RFID, des cartes à jouer tactiles, des personnages connectés, du jeu grandeur nature géolocalisé ? Quand la technologie repassera derrière le gameplay. Dans quelques années, nous demanderons à Émilie son avis, c'est elle qui a la clé...

 

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Publié par eric Leguay - dans C'était le Futur
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