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17 octobre 2013 4 17 /10 /octobre /2013 10:00

MondeOrange.jpg

Cet homme étrange, dans un déshabillé orange
Qui arrête les passants, pour les vider de leur sang
Cet homme étrange, avec sa beauté qui dérange
Qui vous conduit vers un ailleurs, un monde pas forcement meilleur

Vous le suivez, vous le suivez,
La nuit vous en rêvez

Quittant les pavés maladroits, les routes qui ne vont pas tout droit
Il vous conduit dans un endroit, où ne règne que l'angle droit

Cet homme étrange, dans un déshabillé orange
Qui vous parle en "tant pour cent", sa banque c'est la banque du sang
Cet homme étrange, avec sa beauté qui dérange
Chaque fois qu'on voudrait lui parler, on n'sait pas où il faut aller

Vous le suivez, vous le suivez,
La nuit vous en rêvez

Quittant les pavés maladroits, les routes qui ne vont pas tout droit
Il vous conduit dans un endroit, où ne règne que l'angle droit
Quittant les pavés maladroits, les routes qui ne vont pas tout droit
Il vous conduit dans un endroit, où ne règne que l'angle droit

C'est l'homme orange...

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Publié par eric Leguay - dans C'était le Futur
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14 octobre 2013 1 14 /10 /octobre /2013 06:10

 

Monsieur Bedos, vous vouliez faire de l'humour mais cela n'en était pas, c'était de l'insulte et malgré tout votre talent de persifleur, je ne peux me résoudre à vous suivre sur cette voie. Pourtant vous nous aviez bien fait rire, il y a fort longtemps avec ce sketch stigmatisant les frustrations masculines à la lecture des magazines aux photos glacées et au papier collé de vos éructations. « Toutes des salopes » montrait combien la France avait ce machisme quotidien et combien vous nous aviez piqué au vif dans nos travers. C'était à une époque où ces « salopes » qui portaient des mini jupes, n'étaient pas encore voilées. Les temps ont bien changé, et ponctuer ses phrases de « salope » ou de « pédé », ne fait plus rire personne.

 

 

Pour vous défendre, vous citez Rabelais, diantre, où lisez vous de tels propos dans la langue du grand homme ? Il n'y en a pas, et ni « conne », ni « salope, comme « ni pute, ni soumise » ne font parti de sa verve et de sa gouaille. A 80 ans, il est temps de sentir l'évolution de l'air du temps. Vous dérapâtes Monsieur Bedos, en insultant de la sorte, une femme politique, même détestable aux yeux de beaucoup. Vous perdîtes votre talent, sur un soit disant bon mot, pour resurgir un peu dans le médias. Vous buzzâtes maladroitement, bêtement et sans talent dans un fight viril mais stérile. Au lieu de faire rire vous avez provoqué le courroux de son pré-carré. Vous avez réveillé la gorgone. La Walkyrie est de nouveau attelée, prête à chevaucher son destrier de bonne vertu.

 

 

Si vous lisiez mes posts, vous découvririez combien je combats par le verbe le comportement et le discours de cette femme publique, sans insultes. Car c'est sur le terrain des idées qu'il faut combattre cette femme, combattre ses idées, ses discours, ses jugements à l'emporte pièce. C'est dans le débat politique, qu'il faut rejeter ses pensées réductrices, son idéologie archaïque et ses anathèmes grossiers. Car s'il y a bien une chose qu'il ne faut jamais faire avec Nadine Morano, c'est la provoquer, la victimiser. Là elle exulte, éructe, vitupère, twitte, et porte plainte à tout va. Non Monsieur Bedos, le meilleur moyen de lutter contre Nadine Morano, n'est pas de l'insulter mais de l'ignorez, de l'oublier et rire à gorge déployée de ses mouvements de langue pour encore exister.

 

Mes articles précédents :

http://ericleguay.over-blog.fr/article-boutin-barjot-morano-nabilla-meme-combat-118741836.html

http://ericleguay.over-blog.fr/article-les-i-sur-le-point-112892153.html

http://ericleguay.over-blog.fr/article-ils-ne-sont-pas-venus-a-la-gamers-assembly-103155160.html

http://ericleguay.over-blog.fr/article-gta-v-120119050.html

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Publié par eric Leguay - dans Coup de Gueule
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12 octobre 2013 6 12 /10 /octobre /2013 09:21

CeremonieDiplomeGobelins06.jpg

Une cérémonie de remises de diplômes, c'est toujours un peu ennuyeux, sauf quand le parrain 2013 est Plantu. Pour une soirée placée sous le signe du talent, sa venue était vivifiante, réconfortante et salutaire. Car du talent, il en a à revendre, du talent pour croquer, du talent pour voir le détail, du talent pour nous faire sourire, du talent de militant, du talent pour nous faire prendre conscience. Mais en plus de ce talent inimitable, un talent qui fait trembler l’Élysée, il a une modestie touchante et communicante.

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Cette soirée Gobelins fut donc chargée d'émotions, de fou rires et d'encouragement pour ces jeunes générations si prometteuses. Plantu a planté son décors, celui de l'écoute et de la révolte. Son message est clair, ne dormez pas, réveillez vous, réveillez les consciences, soyez subversifs et créatifs, soyez décalés, soyez respectueux dans l’irrespect. Il nous a donné une petite leçon de dessin, pour croquer le politique présent et passé. Il est revenu sur son action internationale avec « Cartooning for Peace » et nous a montré combien, rien n'était acquis, et qu'un simple coup de crayon avait dans certains pays, l'emprisonnement comme conséquence.

 

 

Alors écoutons Plantu, regardons le dessiner, car il est ce bien précieux qui nous démontre jour après jour que nous sommes en liberté de penser et de créer. Il a donné de la fougue et de l'entrain à cette soirée.

« Vous avez du talent et vous allez vous en sortir... A vous de contrer toutes les formes d'intolérances»

CeremonieDiplomeGobelins08.jpg

http://www.cartooningforpeace.org/

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Publié par eric Leguay - dans Coup de Coeur
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4 octobre 2013 5 04 /10 /octobre /2013 20:46

PucesDesign03

Qu'il était magnifique ce monde du Futur, imaginé par les designers et stylistes des années 50 et 60. Fait de courbes suaves, de tissus jersey infroissables, de plastiques souples et de bois scandinaves. Nos intérieurs futuristes, ainsi décorés, auraient pu franchir allègrement l'an 2000. Qu'il semblait plaisant et magique de vivre avec un mobilier si coloré et si pratique, chacun devait enfin pouvoir se sentir bien. Il n'en fut rien, rare furent ceux qui succombèrent aux fauteuils de Paulin ou de Joe Colombo, car personne n'eut envie de vivre comme dans un vaisseau spatiale. D'une grande renommée à la diffusion limitée, ce mobilier Design des années 50 à 70 a avec le temps par sa rareté a pris une très grande valeur.

PucesDesign24

On a tous en mémoire, un morceau de film qui traîne dans la tête avec ce meuble fétiche où cette chaise qui trône. Sommes nous sur le sofa des Harper dans la maison futuriste de « Mon Oncle » de Jacques Tatie ? Ou bien dans le vaisseau de 2001 l'Odyssée de l'espace à discuter sur un fauteuil Paulin ? Allons nous rencontrer Joe Colombo ? Partirons nous en Italie découvrir les joies du plastique orange ? Aujourd'hui le Design a envahit nos intérieurs, popularisé, démocratisé, adopté, nous vivions aux milieux d'objets technologiques sculptés par l'ordinateur aux fonctionnalités cachées. La décoration est une passion, et la redécouverte des ces classiques illustratifs des 30 glorieuses, est un moyen de revivre cette fabuleuse aventure créative.

PucesDesign02

Se promener dans les allées des puces du Design, est ainsi un moyen de remonter le temps pour y voir notre projection du Futur mais découvrir combien ces formes languissantes, bigarrées et sensuelles nous sont si familières. Le Design a vraiment explosé dans les années 60, en offrant un nouvel art de vivre débarrassé des contraintes étriquées. Enfin, il était possible de s'avachir et vivre ses passions au raz du sol. Enfin la couleur entrait en force dans l'habitat, enfin les matières n'étaient plus fragiles, mais faites pour vivre et chahuter. Ce monde coloré, fut partagé par certains mais inconnu pour beaucoup. Il est donc grand temps d'aller les découvrir aux Puces du Design, ce Week-end à Bercy Village. Tout est à vendre...

PucesDesign20

Les puces du Design

http://www.pucesdudesign.com/

 

L'album photo des Puces du Design

http://ericleguay.over-blog.fr/album-2181351.html

Joe Colombo l'inventeur du futur

http://ericleguay.over-blog.fr/article-10136406.html 

Enfin, Pierre Paulin est aux Gobelins

http://ericleguay.over-blog.fr/article-19271681.html

Eloge du décor

http://ericleguay.over-blog.fr/article-30934524.html

 

Avachissez-vous...

http://ericleguay.over-blog.fr/article-avachissez-vous-59670069.html

 

Le catalogue IKEA est arrivé

http://ericleguay.over-blog.fr/article-le-catalogue-ikea-est-arrive-119716889.html

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Publié par eric Leguay - dans C'était le Futur
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2 octobre 2013 3 02 /10 /octobre /2013 09:11

Nuit4.0.JPG

Il y avait un coté «Underground», hier soir à nous retrouver, passionnés de Web séries, à l'invitation de France 4. Il est encore osé pour une chaine de Tv, de proposer des Web séries à l'antenne. C’est le pari, renouvelé avec succès que propose la chaine, Samedi 12 octobre à partir de 23h45. Mais c'est quoi une Web série ? Le principe est simple, il s'agit d'une création audiovisuel d'amateurs, scénarisée, filmée, montée, sur un sujet libre et décalé, le tout diffusé sur la toile. Seulement voilà, les amateurs le sont de moins en moins, et la qualité des séries produites n'a rien à envier à Julie Lescaut dont on ne saura jamais si ce n'était une parodie à 22 ième degré. Horreur, humour noir, décalage, subversion, hommage, XXX, sont souvent les ingrédients de ces Web séries dont la production et la sélection est internationale. Rassurez vous, la France est bien placée.

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Ce n'est pas un hasard si la Tv commence à s'y intéresser, car c'est une source inépuisable de créativité, où les talents de demain sont déjà présents, avec une communauté soudée et collaborative. Je le dis et le répète, malgré des statistiques faussées, les jeunes générations ont fuit la télé. la Web Série est un moyen d'y retourner. Pour preuve le succès de « Le visiteur du Futur » qui a conquis son public et qui renouvelle avec humour grâce au talent de François Descraques, le genre du voyage temporel. Comme une grande, la Web série a ses codes, sa durée, sa fréquence et sa communauté. Ses références sont celle du jeu vidéo, des Manga et de l'humour Monty Python. On aime ce coté « fait maison », on applaudi à cet humour décalé, gore et jouissif. On en redemande, de ces scènes de karaté ratés, de ces dialogues de Noob mal interprétés, ces cadavres desenterrados, et ces PG Porn enchantés. Quoi ? Non j'ai rien dit !!!

 

 

Si vous voulez voir à quoi ressemblera la production audiovisuel de demain, quand la Télé sera devenu le second écran détrônée par la tablette et le smartphone, alors précipitez-vous sur France 4, téléchargez, diffusez, likez, ces pépites de rires, ces perles de mauvais goût. Le tout sous la houlette de « Monsieur Costard », hydre numérique moderne, qui vous fera perdre la tête. Si vous préférez « Cyprien » aux LoL cat, si vous préférez les « Lolies » aux Bread cat, alors cette nuit est faite pour vous. La créativité, l'inventivité et la passion sont au programme de cette édition nocturne. To be continued...

 

 

La Nuit 4.0

http://www.france4.fr/studio-4-0/evenements/nuits-40-en-route-pour-le-futur

Le Web program festival

http://ericleguay.over-blog.fr/article-web-program-festival-2013-116596697.html

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Publié par eric Leguay - dans Coup de Coeur
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29 septembre 2013 7 29 /09 /septembre /2013 10:31

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Amis parisiens, vous qui avez tant de mal à vous loger, sachez qu'à Poitiers, pour le prix d'un beau 2 pièces à Paris, vous auriez été les heureux propriétaires, d'un théâtre en plein centre ville, à proximité des commerces, de cinémas et même d'un lycée, tout cela en restant à pieds. Quel loft me direz vous ? L'histoire pourrait être comique si elle ne tournait pas au ridicule et au pathétique. Quand on aime une ville, sa ville, que l'on y vote et où vous travaillez, on est en droit de s’intéresser. Comment a-t on pu en arriver à cette extrémité si peu raisonnée ? Je m'en vais vous narrer l'incroyable et l’indicible, le délire et la gabegie.

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Poitiers, n'est pas le Futuroscope, de cet abus de langage, la ville a voulu se doter d'équipements culturels dignes de sa notoriété. Le principal projet fut donc de construire à grand renfort de bulldozers, un cube opaque de couleur jaune au doux nom de TAP, pour y installer une Scène Nationale. Le projet est titanesque, car la place en centre ville est comptée, voir inexistante, pour y loger un tel projet. De plus il faut pouvoir rendre la salle accessible et proche de la Gare, pour voir affluer des centaines de visiteurs. En 2008 est inaugurée, pour 57 millions d'euros hors coût de fonctionnement (7 millions annuels), l’œuvre controversée de l'architecte portugais ; Carrilho Da Graça et ces 1 050 Places.

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En ville subsistait l'ancien Théâtre des années 50 au futur incertain, sur la grande place du Maréchal-Leclerc, en pleine restructuration du second projet d'aménagement « cœur d'agglo » doté de 25 Millions d'euros. La ville est en chantier pendant 3 ans voyant fuir ses habitants, ses touristes, et ses commerçants dont l'activité déclinante était mise en concurrence avec un gigantesque centre commercial « Poitiers Porte Sud » en plus d'un autre centre commercial au nord « Les Portes du Futurs ». Pour couronner le tout le magasin du Printemps cessa son activité, laissant aux intempéries sa façade de carreaux rosés. Il se trouve que la surface du Printemps laissée vacante correspond à celle du TAP fraîchement inauguré.

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Comme si cela ne suffisait pas, le vieux Théâtre dont l’emprise au sol est plus modeste mais idéalement placée en centre ville, coûte vraiment trop cher à réhabiliter et à moderniser. Voilà pourquoi et comment, il s'est retrouvé bradé pour 500 000 euros soit moins de 200 euros le mètre carré. Le centre ville désert, mais fraîchement restauré, se retrouve gangrené par deux verrues urbaines. Que faire de ces deux paquebots échoués ? Si bien placés ? Diantre offrons les à des promoteurs pour qu'il puisse y construire un H&M, un Zara ou un SEPHORA, des parkings et des appartements de standing, car la ville n'en manque vraiment pas. Mais certainement pas de lieux de vie, ni de culture, le TAP a déjà du mal a se remplir.

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Les élus n'ont vraiment pas eu le nez fin, ni un soupçon de prospection pour agir autrement et convertir en Théâtre le vieux Printemps ou en salle de concert l'ancien Théâtre. Cela aurait redonné vie et humanité à ce grand espace vide, à peine animé par un abreuvoir à pigeons. Traverser la place en Hiver est devenu une expédition, et l'absence de mobilier urbain accentue la froideur. Le seul espoir naissant est de voir en flux revenir les badauds, tout esbaudies, d'un H&M tout neuf, ou du 4ième SEPHORA. La critique est aisée, certes, mais la clairvoyance et l'audace a manqué, avec autant d'argent gaspillée. Les élus et les citoyens se sont rebellés sans succès. Les permis de construire sont délivrés.

 

C'est le Printemps

http://ericleguay.over-blog.fr/article-18581362.html

Le TAP comme vous ne l'avez jamais dégusté

http://ericleguay.over-blog.fr/article-24720117.html

 

PS : Les photos furent prises le 26 septembre 203 sans trucage en pleine matinée, d'une place désespérément vide et froide.

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Publié par eric Leguay - dans Coup de Gueule
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27 septembre 2013 5 27 /09 /septembre /2013 09:18

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Cela commence souvent, par une maman affolée de voir son garçon de 10 ans, passer trop de temps à jouer avec ses jeux vidéos, puis cela s'amplifie avec le discours d'un psychologue en mal de notoriété qui parle des dangers de vivre dans la virtualité puis c'est l'apothéose avec la femme politique qui condamne le numérique comme source de tous nos maux endémiques. Aurions nous transpercés la matrice ? Vivrions nous via nos smartphones dans un monde parallèle au notre ? Nous prendrions nous pour Alice à la poursuite du Lapin blanc ? Doit on parler de virtuel ou d'irréel quand on évoque le numérique et ces dizaines d'objets connectés ? Il était temps qu'un philosophe s'empare du sujet, avec lisibilité et matérialité. C'est le propos de Stéphane Vial dans son ouvrage « L'être et l'écran »

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Parce que nous sommes tous d'accord pour reconnaître que le numérique et la dématérialisation ont considérablement bouleversés notre vision et perception du monde, au point de dégrader ces artefacts, ces pixels et ces codes binaires, les renvoyant dans le monde de l'imaginaire et de l'inexistant. Notre technologie se veut de plus en plus « confortable » et « invisible », usant et abusant des astuces de la magie, au point de paraître si volatile, qu'elle ne semble plus réelle, ni même irréelle, mais juste virtuelle. La perception du Monde, varie selon les époques, et les cartes des navigateurs du XVIII ième siècle restent largement plus imprécises et poétiques que Maps sous OS6.

 

 

Dans son propos, Stéphane Vial, argumente et décrypte en quoi ce nouveau monde de représentation n'est pas virtuel mais bien concret, certes magique mais pas irréel. C'est la lente et douloureuse mutation et diffusion de la technologie dans toute les couches de la population qui rend les réfractaires nostalgiques de leur propre perception du monde. Certains regrettent la découverte d'un trajet sur les cartes Michelin, d'autres les émissions de Jean Nohain sur leur télévision en Noir&Blanc, et certains le charme du téléphone filaire. Dans tous les cas, eux même avaient apprivoisés la technologie de leur temps, et se retrouvent décontenancés face à la technologie du présent. Je ne peux qu'approuver ce discours, étant moi même très souvent confronté lors de mes consultances au discours catastrophiste inverse.

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Ce livre, bien qu’écrit par un philosophe, est accessible et lisible par tous, j'ai regretté que parfois les longues listes énumératives, des outils et grigris numériques ne ressemblent à la « Complainte du progrès » de Boris Vian : Ou je reprends tout ça, mon frigidaire, mon armoire à cuillères, mon évier en fer, et mon poêl' à mazout, mon cire-godasses, mon repasse-limaces, mon tabouret à glace, et mon chasse-filous. Mais l'argumentaire est implacable et éclairant, nos objets nomades, nos doudous numériques, font et feront de nous des « Hommes » augmentés. Notre quotidien se trouve réenchanté et magnifié et même si pour les ados d'aujourd'hui le monde se voit en images floues et surexposées d'Instagram, c'est la perception de leur monde, rien de plus. Le chapitre sur la photographie est le plus passionnant et mériterait un ouvrage à lui seul.

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En refermant le livre, j'ai eu envie de dire « Mais à qui profite le crime ? ». Qui a intérêt à propager l'idée permanente, des dangers d'un monde dématérialisé ? Pourquoi dégrader et classer les activités numériques au rang de virtuel ? Pour eux le virtuel n'existe pas, il n'a donc pas de valeur et donc pas d’intérêt. Ces objets sont pourtant des créations humaines, et ce n'est pas parce que Steve Jobs c'est pris pour le gourou d'une secte à la pomme, que la machine est de création divine. En quoi un jeu vidéo même le plus immersif et le plus violent, fait de pixels et de NURBS, serait plus dangereux qu'un livre ou qu'un film ? En quoi nos photos prises avec un APN seraient moins poétiques que celles prises avec la boite à savon de Robert Doisneau ? La question reste entière. Il est des gourous, que je nomme les nouveaux « curés du Net » qui ne doivent leur survie médiatique que dans la dénonciation de prétendus dangers. Il est des industries mourantes comme la télévision, qui ne retiennent leur audience que par l'exagération et le déni.

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Publié par eric Leguay - dans Coup de Coeur
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22 septembre 2013 7 22 /09 /septembre /2013 14:57

Il fut le premier, il ouvrit la voie, et montra son postérieur placardé sur 6 000 panneaux parisiens, devant le tollé général et la réprobation de la France de 1972. Michel Polnareff, initiait sans le vouloir le déferlement de culs dont la toile s'emplit aujourd'hui. Un beau postérieur subversif et rebondi, pour provoquer et montrer sa liberté de pensée et d'être. 4 ans après 1968, la philosophie de liberté corporelle, et l'envie de casser les codes bourgeois de la bienséance étaient encore présents. Une belle ôde que cette posture, quand l'aristocratie n'avait pas de pudeur, la bourgeoisie en inventait une, qu'il fallu tant d'années à combattre. Cela lui valu l’exil, car en ce temps là, on exilait encore les gens...

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Les années 80, virent arriver les années Mitterrand, qui virent la libération de la radio, de la télévision et des mœurs. Ce fut aussi l'apogée de la publicité qui récupéra bien vite les codes de la nudité pour mieux nous faire acheter. Corps de femmes nues comme des objets pour vendre à d'autres femmes objets le nu. Myriam fit sensation en cette rentrée de 1981 en réussissant son pari de nous dévoiler son bas. Sur les plages déjà les fesses bronzent, sans laisser de marques blanches. 10 ans après Polnareff, plus personne ne semble choqué, et semble même résigné à voir des fesses nues pour acheter une crème, une glace, un déodorant, une voiture, un raton laveur.

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Coté provocation, les stars du rock, du cinéma, du showbiz continuaient dans la surenchère nudiste. On se souvient encore de ce cliché de Madonna faisant du stop nue à la manière de Marilyn. Ces années de provocations seront longues et parsemées de nudités divers, vulgaires, naturelles, provocantes et jamais gratuites, destinées avant tout à faire causer dans les radios et les troquets. Dans les années 90 le buzz n'existait pas encore, mais Pierrette Lepen avait bien compris le pouvoir de la chair nue ainsi exhibée. Mylène Farmer résuma en un clip et une chanson, le slogan de cette génération « pourvue qu'elles soient douces ».

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En cette rentrée, l'été terminé, les maillots rangés, que reste-il pour nous réveiller ? GTA V, ça c'est fait... Léa Seydoux ? C'est du déjà vu... Cyrus Miley ? C'est de mauvais goût...Voyons voir si un morceau de choix ne traîne pas dans Paris Match. Bénabar pose nu... Oui vous avez bien lu Bruno dit « Bénabar » pose nu dans un buzz bien dérisoire. Car voyez-vous, le nu des stars ne fait plus recette, car il s'est déplacé dans la sphère privée. C'est le cul de son voisin que l'on rêve de mater et l'arrière train de sa collègue que l'on scrute sur la toile. Le Web est passé par là, la fesse se libère sur les réseaux. Il n'est pas une fête, une bandas, une fest noz, une étape du tour de France, un enterrement de vie de garçon, un mariage, une soirée d'intégration, sans que des fesses populaires s'exhibent et déferlent sans chichis, sans pudeur et sans laideur sur le web.

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Nous sommes donc tous condamnés à un jour découvrir l'arrière train, d'amis, de voisins, de collègues, d'étudiants, de parents qui comme l'affirme sans détour le site web La liberté de la fesse : « Sans une fesse libre, aucun combat ne peut être entendu » Jean-Paul Sartre. Ils sont donc des milliers, des millions a exhiber, dévoiler, montrer, la blancheur porcelaine de leurs deux globes rebondis, hommes et femmes dans un combat commun. Les réseaux sociaux nous ont obligé à nous dévoiler, nous montrer, alors sautons le pas et mettons nos fesses à nu après avoir vendu nos âmes à FaceBook. Il y a de l'humour et de la dérision dans ces exhibitions, une manière de dire au monde, que la chair blanche qui nous sert de siège, peut aussi prendre la parole.

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Alors pour finir ce post cul nu, je voudrai vous faire découvrir le travail d'un Angoumoisin, qui a fait de sa nudité un art de vivre et une source de créativité délirante et comique. Luc ne cache rien, pour encore mieux montrer son travail débridé et exubérant via un magazine « Le sac à cadavres » qui annonce rapidement la couleur : du cul, du culte et du gore. Sa nudité est simple, désexualisée, presque infantile, mais drôle, décalée et geekesque pour ne pas dire guignolesque... Alors au moment de vous décidez à vous dévoiler, choisissez l'humour et le décalé.

 

Le site qui libère les fesses

http://libertedelafesse.com/

Le Blorgue de Luc « Sac à cadavre »

http://www.leblorguedeluc.blogspot.fr/

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Publié par eric Leguay - dans Coup de Coeur
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18 septembre 2013 3 18 /09 /septembre /2013 10:30

gta5cover

Sauf si vous viviez sur Mars où à Bressuires, vous n'avez pas pu échapper hier à la sortie du jeu vidéo le plus attendu de l'année : Grand Theft Auto V (Dites juste GTA V). Tremblement de terre sur la planète jeu, avalanche de chiffres étourdissants, déferlement de critiques et de hurlements en tout genre, sont les ingrédients participant à l'effervescence de chacune des sorties de ce titre. Tout semble écrit à chaque fois, pour que ce jeu, résume à lui tout seul l'ensemble des milliers de jeux sorties chaque année. Il représente exactement ce qu’exècre et ce que rejette une grande partie des anti-jeux mais est pourtant la raison même de son succès.

AmericanBeauty

Les plus intellos y voient la caricature de la décadence américaine et la fin du rêve et de l'American Way of Life sur papier glacé que les américains nous vendent depuis 1945. Il y a du « American Beauty » dans cet opus, c'est indéniable. Il y a de la violence, du sexe et de la drogue à gogo pour les plus puritains, comme si cela n'existait pas dans le monde de OuiOui imaginé par Christine Boutin. Pour les pseudos scientifiques de tout poil, ce jeu est le vers qui pervertit notre belle jeunesse occidentale, la rendant immédiatement dealer, proxénète et escroc. Il y a surtout, une incroyable recette de succès basé sur le fondement même du jeu vidéo : le jeu vidéo est subversif.

 

 

Pour paraphraser Maurice Clavel et son célèbre « Mesdames, Messieurs, les censeurs, bonsoir », je vais vous révéler l'essence même de ce jeu qui lui donne cette aura, ce succès, cette ampleur. Le jeu vidéo par sa représentation hyper réaliste du monde, permet au joueur de le créer, le moduler et à la fin tout casser. Jouer c'est construire mais aussi casser sa création pour mieux montrer son pouvoir presque divin sur les choses. Enfants, vous aimiez construire des châteaux de sable et vous preniez tout autant de plaisir à les fouler du pied. Plus tard muni d'une masse, vous avez pris un pied d'enfer en abattant un mur, ou en cassant une assiette. Le jeu vidéo se nourrit de ces pulsions, mais virtuellement et donc en beaucoup moins grave.

UneParisienLe jeu vidéo, par sa recréation imaginaire et artificielle, vous permet d’être ce dieu créateur de monde, mais aussi ce dieu destructeur de vie, le gifleur de Sim's et le chauffard de Mario. Le jeu vidéo vous donne les clés de l'interdit, du banni, de l'hors-norme. Vous voici tout puissant, maîtrisant ce monde de pixels, comme un enfant sachant bien que tout cela n'a rien de réel, ni de matériel. Braver l'interdit, ne plus être soumis aux codes et aux lois du monde réel, donne à ce moment là, une incroyable bouffée d'oxygène salutaire. Alors plus les adultes le rejettent et plus le jeu est séduisant pour les enfants. Plus la société veut le bannir ou lui donner des vertus qu'il n'a pas, plus il devient enviable et désirable.

morano-gta

Bravo donc à GTA V, de maintenir cette subversivité du jeu, cela va permettre de contrebalancer la mièvrerie de Candy Crush, va continuer à bousculer le bourgeois, terroriser le bien-pensant, et galvaniser la bigote à la sortie de la messe. Plus la presse en dira du mal, plus Nadine Morano se révoltera, plus Natacha Polony vomira ses tripes sur ce loisir, et plus il sera populaire. Accusé de toutes les violences dans notre société, nous serons en mesure de nous demander si le bijoutier de Nice n'a pas trop jouer à GTA pour tirer sur son agresseur comme un lapin.

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26 août 2013 1 26 /08 /août /2013 15:31

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Bien avant, votre feuille d'impôt, même si vous habitez à plus de 100Km d'un IKEA, et pire, si vous avez mis un autocollant « non à la pub » ; vous recevrez dans votre boite aux lettres, le précieux. Imprimé et diffusé, chaque année, à plus de 190 millions d'exemplaires à travers le monde. Il est l'objet des tendances en décoration, chaque été. De format carré, compact et coloré, il finira sur votre « coffee table » ou dans vos toilettes, pour vous laisser le temps de le parcourir et l'apprécier. Que vous viviez à Poitiers, Hong Kong ou San Francisco, ce catalogue sera fait pour vous, dans votre monnaie, et pour satisfaire vos envies.

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IKEA innove tout le temps, d'abord depuis sa création dans son principe de fonctionnement ; du paquet plat à monter soi-même, dans sa distribution ; enlèvement immédiat mais également dans sa structure financière ; une fondation opaque basée à Delft. Depuis une bonne dizaine d'années, IKEA qui basait son principe d'achat sur l'achat d'impulsion, semble timidement mais sûrement se tourner vers le numérique. Timidement, car le site est très pauvre au regard de la foultitudes d'objets inutiles que peut contenir le grand hangar bleu et jaune, mais surtout que la livraison et le montage n'entre pas dans la philosophie de la marque.

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Pourtant depuis l'affaire de la tarte au « Kaka » et les remous suscités par sa compatriote Findus, la crédibilité des entreprises suédoise est mise à mal. En effet le moins que l'on puisse dire est que le concept d'IKEA n'est pas très écologique. Fabrication d'objets « low cost » dans des entreprises elle même à bas coût dans des pays émergeant, 100% de produits importés dans les magasins occidentaux, et le déplacement massif en auto des visiteurs, n'améliore vraiment pas l'équilibre carbone. Que dire de ces tonnes de papiers, et ces emballages cartonnés. Si on y ajoute la durabilité et la solidité de meubles réalisés en chutes et poussières de bois ou de substitut de bois, nous ne sommes guère éloignés du minerai de viande, des lasagnes servies à la cafétéria.

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Comme chaque année, ils seront des millions à se précipiter à la rentrée pour acheter une Billy, qui durera peu de temps. Des gens heureux repartiront avec leurs paquets plats et finiront le week-end à s’engueuler pour monter le meuble avec cette clé Allen pour vis à six pans creux. Elle est vraiment passionnante notre vie d'occidentale. Avec un Design bon marché sans histoire, sans style et sans âme, nous sommes certains de retrouver le décors de la page 27, chez toutes nos belles sœurs adorées. Même Valérie Damidot ne fait plus appel aux services d'IKEA pour meubler les familles banlieusardes. Alors regardons un peu les innovations de ce catalogue fraîchement livré et déjà écorné des futurs objets à acheter.

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Première surprise de taille, les être humains ont quasiment disparus du catalogue. Habituellement pour rendre crédible la décoration de ses intérieurs, IKEA faisait appel, soit à des clients passionnés, soit à des metteurs en scène pour choisir les personnages, les objets et les meubles, d'une vie heureuse. Seulement voilà, ce décor de carton pâte, d'une mélodie du bonheur à 2 sous, suscite déjà des polémiques. Certains pays progressistes ne veulent pas voir de femmes, ou alors voilées, d'autres tout aussi progressistes mais plus proches de nous, ne veulent pas voir de couples d'hommes. Enfin pour éviter que ce catalogue ne finisse en objet de perversité, les enfants seront soigneusement cachés. Cela tombe bien les pays du nord de l’Europe n'en ont déjà presque plus.

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Ce seront donc des silhouettes furtives, des fantômes d'humains qui se cacheront dans ce catalogue, donnant un aspect Tchernobyl à ces décors de théâtre déjà déshumanisés. Il y a du Zombie chez IKEA rien que pour accepter de vivre et survivre dans des atmosphères si peu agréables et si surchargés d'objets inutiles et encombrants. Ce dernier catalogue ressemble à une déchetterie, un vide grenier, un souk de vies qui débordent. Les placards, les tiroirs, les lits, les chambres, sont encombrées, surchargées et étouffantes. On a envie de crier « de l'air !!! ». Si vous aimez les ambiances ZEN et apaisantes, c'est raté. Il y règne un bazar désorganisé, un bordel invivable géré par une génération qui depuis des années n'a JAMAIS rangée sa chambre.

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Alors la nouveauté me direz vous ?. Elle réside dans l'apport d'une application de réalité augmentée assez bluffante et surprenante qui permet de placer dans votre capharnaüm personnel, une table, une chaise , ou un fauteuil. Vous pourrez voir l'effet produit avant de l'acheter. IKEA avait déjà pris tout le monde de cours en proposant un logiciel 3D pour réaliser sa cuisine FAKTUM soit même, il récidive avec une version plus élaborée pour sa ligne de meubles intégrant un système vidéo complet. IKEA intègre désormais le numérique dans sa chaîne de valeur, proposant un service en ligne complet. Il ne lui manquera plus qu'à proposer un service de DRIVE à la Leclerc, pour finir de satisfaire les plus exigeants.

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Certains collectionnent les catalogues, d'autres partent en vacances dans le premier IKEA, cette marque à toutes les chances de perdurer. La concurrence est rude et les consommateurs dédaignent de plus en plus le prêt à vivre et le prêt à habiter. L'unité d'habitation de Le Corbusier ne fait plus recette. Fly, But, Conforama, Maison du Monde, Habitat, Alinéa, sont sur le même créneau, le même concept, moins standardisé mais plus chaleureux et plus contemporain. On ne peut pas plaire à tout le monde, mais demain quand nos décors seront virtuels, nous regarderons avec nostalgie, ces vieux catalogues.

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Publié par eric Leguay - dans C'était le Futur
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18 août 2013 7 18 /08 /août /2013 09:19

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- Non ma fille, tu ne feras pas le concours de Miss-France...

Il fait très chaud en ce jour de 14 Juillet à Perpignan. La fête se prépare, les esprits s’échauffent. Il y a des pétards dans la rue et les gamins crient déjà en attendant le feu d'artifice de ce soir. Allison fait les va-et-vient dans le séjour vide et sans âme de l'appartement jadis familial. Elle est énervée, agitée, ne cessent de manipuler son smartphone, envoyant des messages, passant la main dans ses cheveux trop apprêtés.

- Allison, tu m'écoutes quand je te parle ? Je ne veux pas que ma fille se montre à moitié nue, devant tout ces gens, des inconnus. Il est hors de question que tu fasses ce concours. Ma fille, tu veux mon déshonneur ? Tu crois que c'est facile à la caserne ? Les collègues qui regardent ma fille ? Non, non, non... Tu n'iras pas à l'élection, ma fille.

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Nous sommes ici dans la France médiocre et rabougrie, la France de Raffarin, ou les filles ne seront jamais ni ingénieures, chercheures, aviatrices mais deviennent coiffeuses ou Miss France. Cette France des voiturettes, des Babou, du pastis et des lourds secrets de famille, qui fait s'enrichir la télé l'été. Cindy, ou Allison, ici les filles portent des prénoms d'héroïnes de sitcom américaines, bas de gamme et vulgaires. Elle veut faire ce concours, elle rêve de passer à la télé, elle s'imagine déjà sur le plateau, déambulant en cadence, se dévoilant, montrant ses formes, son seul talent. Sur son Facebook elle a déjà son fan club de filles comme elle, perdues mais déterminées à réussir dans ce monde étrange où l'apparence prévaut sur n'importe quelle autre forme d'intelligence.

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- De toutes façon, c'est trop tard, je me suis inscrite et je vais le faire ce concours et tu verras, c'est moi qui vais gagner.

Elle a de l'assurance, de la puissance, elle sait ce quelle veut même si ce qu'elle veut est pathétique. Elle en a marre de coiffer des mamies aux cheveux bleus dans ce salon de banlieue. Elle veut la lumière, les étoiles, les paillettes, les rêves de petite fille sotte et gâtée, que l'on croise dans les supermarchés. Elle crie son désespoir devant ce père dépassé.

- Tu t’intéresses jamais à ce que je fais de toute façon, tu t'en fous, tu te fous de tout alors laisse moi. Je suis majeure, maintenant je fais ce que je veux, j'irai. J'irai avec maman, j'irai toute seule mais j'irai.

La chaleur est intense et l'émotion palpable. Les deux êtres d'amours se déchirent, se croisent, ne se comprennent plus. Les regards s'évitent, les peaux ne se touchent plus, la rupture est consommée.

- De toutes façon c'est décidé, l'année prochaine je vais vivre avec maman...

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Marie-Jo entre dans la pièce, les bras chargés des derniers effets d'une vie passée. Une valise pleine de souvenirs, vêtements, photos livres, dessins d'enfants, débris des amours depuis si longtemps mortes. C'est une femme fanée mais encore vive, qui ne laissera pas le destin de sa fille entre les mains de son bientôt ex conjoint. Avec violence, elle élève la voix, crie, injurie.

- Tu laisses ma fille tranquille. Si ça ne te plaît pas c'est comme ça. Allison ira à ce concours que cela te plaise ou pas. C'est ma fille, tu comprends, ma fille et j'ai le droit de décider avec elle.

Elle a posé sa valise au sol, elle fait face à l'homme. Elle le toise, le regarde droit dans les yeux sans la moindre peur, la moindre angoisse. Son regard est vengeur et sanguin presque assassin.

- Je t'ai tout donné, tu m'as trompé. Mais qui es tu pour oser empêcher Allison de vivre ? Tu n'es plus rien, je te quitte, elle te quitte avec moi, c'est comme ça. Je t'interdis, tu m'entends, je t'interdis de lui donner un ordre, elle n'est plus ta fille...

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Dans l'air, un poing serré a traversé l'espace et brisé le silence qui suivit l'impact. Le trajet d'une violence inouïe est venu percuter le visage crispé de Marie-Jo. La tête a violemment rencontré le chambranle de la porte. Le corps s'est affalé dans un bruit sourd, renversant un carton des souvenirs heureux. Marie-Jo est morte, terrassée par le matador dans cette corrida conjugale. Perchée sur des stilettos de Prisunic, Allison hurle.

- Mais qu'est ce que tu as fait ? Mais tu es fou ? Tu es fou...

Elle a pris sa tête à pleine main, hurle, pleure, s'agite, ne comprend pas, ne comprend plus. Elle se penche sur sa mère. Se relève et court frapper son père dans un hurlement strident. L'homme est hagard, seul dans la tourmente, coincé entre deux femmes, piégé par ses deux femmes.

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- Allison, c'est un accident, un accident. Mon dieu c'est un accident. Je t'aime Allison, j'aime ta mère.

La voix quitte le français pour reprendre des accents catalans. Le matador, enlace sa fille. Elle se débat, se tord de douleur, se dégage.

- Mais qu'est ce que tu fais, tu me fais mal, lâche moi, j'ai dis, lâche moi. J'appelle la police, lâche moi.

Les bras puissants se font encore plus pressant, plus serrant...

- Allison T'estimo, T'estimo, perdoneu, perdoneu ... ...

Cette fois-ci l'étreinte est brisante, étouffante, tuante...

- Lâche moi...

Allison, n'a pas le temps de finir sa phrase, dans un crissement, les mains puissantes ont brisés la nuque de la frêle jeune fille. Elle s’effondre à son tour comme une poupée de chiffon, comme la Barbie qu'elle rêvait d'être. Sa vie timide s'achève ici, comme dans une sitcom.

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Paco vient de tout perdre, sa vie, sa fille, sa femme, son honneur. Pourtant, qu'il avait fière allure, ce légionnaire, du temps de sa splendeur. Des yeux ravageurs, un sourire carnassier, un corps puissant et surtout la touche finale de l'uniforme complétait la panoplie irrésistible de cet homme si désirable pour les femmes. Il les a aimé ces femmes, si tendres, si lascives, si sensuelles, mais si incompréhensibles, lui l'espagnol, ce macho puissant à qui rien ne résiste. Il aimait séduire, charmer, enjôler, et posséder ces femmes si soumises. Il regarde ces deux objets de désirs déchues sur le sol, sans sang, sans larmes. Il est là, accablé face à son destin, il rejette la faute, il nie, il crie son innocence, il crie en silence.

 

 

Le 5 août au matin, Francisco s'est donné la mort dans sa caserne, par amour et fierté. Il n'a rien avoué pensant partir avec son lourd secret dont la vérité est si lisible et si simple. Cette tragédie moderne et banale a fait l'actualité de l'été, ravageant une famille, durant un simple concours de miss France désuet et suranné. Ces vies, nous furent dévoilées sans pudeur, sans respect, à longueur de journaux télévisés et de pages facebook. Rien ne nous a été épargné, rien ne nous a été caché, l'exhibition fut totale et vulgaire, pathétique et sensationnelle. Il en est ainsi des drames modernes, en voici ma libre interprétation très romancée mais respectueuse de ces êtres fracassés, comme un témoignage, une pensée...

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14 août 2013 3 14 /08 /août /2013 09:09

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Publié par eric Leguay - dans Actualité
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10 août 2013 6 10 /08 /août /2013 17:02

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Eric,

Nous sommes maintenant plus de 110 000 à demander à Carla Bruni de faire don des 410 000 euros d'argent public qui ont servi à produire son site personnel. Notre mobilisation a fait la une de tous les grands médias et conduit Carla à réagir malheureusement uniquement par le biais de son avocat.

 

Carla Bruni sera l'invitée de l'émission "Tout pour la musique" sur TF1. L'émission a été enregistrée avant le lancement de la pétition, elle n'y évoquera donc pas la polémique. Par contre, beaucoup de gens vont suivre cette émission et la commenter sur les réseaux sociaux. C'est donc le moment de faire connaître notre mouvement encore plus largement en inondant le web de messages.


L'émission sera diffusée ce soir, à minuit. Vous pouvez dès maintenant envoyer un tweet sous le hashtag de l'émission #Toutpourlamusique, en faisant mention de la pétition.

Cliquez ici pour envoyer un tweet.


Vous n'êtes pas sur Twitter ? Postez un message sur la page Facebook de TF1. Voici un exemple de message : "Carla Bruni sur TF1 dans Tout pour la musique ? Nous attendons toujours des réponses sur les 410 000 euros d'argent public dépensés pour son site personnel www.change.org/carlafaitesundon"

 

Ces derniers jours, j'ai donné des interviews au Monde, au Nouvel Observateur ou encore à Radio France. À chaque fois, j'ai expliqué que la mobilisation massive autour de cette pétition m'avait surpris mais qu'elle montrait la volonté des citoyens d'obtenir plus de transparence. Prouvons une fois de plus que cette affaire ne sera pas juste "le feuilleton de l'été" et que nous demandons des réponses.


Merci, Nicolas Bousquet

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11 juillet 2013 4 11 /07 /juillet /2013 16:43

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Le temps des vacances est arrivé, comme beaucoup, vous allez partir vous faire bronzer, et dans la voiture climatisée, pendant que vos enfants jouent derrière sur la tablette toute neuve, vous écouterez « Get Lucky » des Daft Punk. Vous serez sans doute des millions à danser sur cette musique entraînante, ou bien à aller voir un concert de C2C ou mieux encore échanger le dernier clip de WoodKid. Vos voisins du camping, Anglais, Allemands ou Néerlandais seront épatés d'autant de variété, de créativité tout en dégustant un verre de rosé frais et en engloutissant une boite entière de macarons. Les puristes et les pointus de la musique, de l'art, du cinéma, de la cuisine, et de l'animation, parleront cette année encore de la « French Touch »

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J'ai longtemps cherché à quoi correspondait cette "French Touch" comment la discerner, l'analyser, la reproduire, la valoriser. Car c'est un classique, en musique, en publicité, en animation de qualifier les productions hexagonales créatives et subtiles de « French Touch ». Mes étudiants de Gobelins sont ma source première de recherche d'analyse de cette « French Touch ». C'est en discutant avec eux, en les regardant travailler, en discutant avec des producteurs américains, Anglais, Suédois et Allemands, que j'ai découvert ce qui les fascinait chez nous. En voici une très brève synthèse.

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En premier on notera la forte sensibilité culturelle des étudiants français. Ils sont très curieux et surtout d'une ouverture culturelle incroyable. Un étudiant français dans les arts graphiques, jeux vidéos etc etc etc est incollable à la fois sur les Mangas, les Tags, les comics, les affiches, les pubs, l'art mais aussi le cinéma, la musique. Ses sources d'inspirations sont multiples qu'il fusionne assez facilement. Les étudiants anglosaxons sont plus classiques, tout aussi passionnés mais moins éclectiques. Je me souviens un jour d'un débat d'expert entre deux étudiants sur les différences entre la Manga Chinoise et Japonaise. Où ailleurs peut-on avoir ces débats là ? en Europe ?

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Dans une production numérique, musicale ou graphique, le regard porté est immédiatement perceptible. La prise en main immédiate du sujet, devient une source de foisonnement quand souvent les anglo saxons attendent un cahier des charges précis. Une idée génère une fulgurance... Nous interprétons immédiatement parfois même sans finir d'écouter la demande. Je me souviens le regard éberlué de mes clients Suédois qui le jour de la présentation on découvert un produit très différent du cahier des charges mais terriblement plus sexy. Nous aimons balayer les codes, n'en faire qu'à notre tête, dépasser la demande, dépasser les bornes.

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Peuple révolutionnaire dans l'âme, nous ne révolutionnons plus que dans nos salons et cela se ressent. La remise en question permanente, surprend les interlocuteurs étrangers. Il n'est pas rare de voir une personne jeter son premier travail car jugé imparfait. Nous ne sommes jamais dans l'amélioration mais dans le premier jet, dans l'instant, le jaillissement, la vision, la fulgurance, les autres étudiants d'autres pays sont plus laborieux. On travaille beaucoup, mais des fois pour rien. La démarche se situe entre le travail d'artiste et d'artisan. Le débat se trouve être permanent et confus dans le groupe de travail, ou tout est toujours remis en question et jusqu'à la dernière minute, celui qui a la meilleure idée l'emporte, au risque de faire capoter 100% du projet. Dans les autres pays on respecte plus la commande et la hiérarchie.

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Nous avons naturellement un mode de production à la 80/20 qui permet à la fin de la production de mettre une petite touche personnelle à la manière des cuisiniers, des grands couturiers, c'est la signature. C'est la cerise sur le gâteau... Le produit est souvent livré en retard mais avec ce petit "je ne sais quoi" ce petit "supplément d'âme" et l'on comprend immédiatement qu'il n'est pas allemand... Au final cela donne des produits souvent plus innovants, plus pétillants, plus recherchés, plus élégants, moins conventionnels qui malheureusement sont de moins bonne qualité car moins travaillés mais plus agréable... Toujours plus élégant et charmant mais pas toujours efficace et fiable. Bonnes vacances et bonne « French Touch »

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Publié par eric Leguay - dans Coup de Coeur
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1 juillet 2013 1 01 /07 /juillet /2013 05:53

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Voilà à partir d'aujourd'hui, France Télécom n'existe plus, adieu cabines téléphoniques à pièces, Minitel, Bibop, comptoirs tristes, accueil à la roumaine, déroute en bourse, factures salées, dégroupage fantaisiste, abonnement délirant, lenteur d'installation, cartes à puces, entente entre opérateurs, débit lent du Web, scandales à répétition, suicides à la mode, PDG mis en examen et pertes abyssales. A la manière du Crédit Lyonnais qui s'est offert une nouvelle virginité en devenant LCL, ORANGE nous fait le même coup, ni vu ni connu je t'embrouille. En devenant ORANGE, l'entreprise efface également son coté « France » qui ne plaît pas beaucoup chez les boursiers. Encore française pour quelques temps, à termes ORANGE redeviendra à coup sûr britannique où le climat pour les affaires est plus clément, voir peut être s'installer à Amsterdam où la Hollande est l'autre pays du fromage.

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Pour les moins informés d'entre-vous, ORANGE est une entreprise mondialisée qui réalise 45 Milliards d'euros de CA (pour info Facebook ne génère que 2 milliards US$). Ce CA est généré grâce à vos impôts qui années après années ont financés cette entreprise, son infrastructure, anciennement publique et jamais rentable. Depuis 1997 et son ouverture de capital, l'entreprise gérée de manière extravagante par Michel Bon, a, après des achats en cash d'entreprises, accumulés une dette pharaonique (seconde entreprise la plus endettée du monde ). Dans ce rachat, on compte ORANGE, opérateur Britannique « So British » faisant ainsi allusion aux « Orangistes »;  loyalistes à la couronne et protestants. Quand la grenouille française veut se faire aussi grosse que le bœuf anglais.

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Une première dans l'histoire du capitalisme français, une entreprise, se découpe elle même par appartement pour s'introduire en bourse. Ainsi en plus de France Télécom, ce fut Wanadoo puis Itineris d'être introduites en bourse, sachant que ORANGE y était déjà. L'action de France Télécom par cet artifice monte à 219 euros pour une entrée en bourse à 27 euros. Mais patatras, l'artifice ne tient pas, avec l'éclatement de la bulle, l'action retombe à sa vraie valeur de 6,94 euros. En plus d'avoir financé l'entreprise par ses impôts, le citoyen, consommateurs, boursicoteur français va se retrouver ruiné, lessivé. Après cela on s'étonne du peu d'enthousiasme des français pour l'investissement dans le numérique et les nouvelles technologies.

VisiophoneMatra.jpgDepuis toutes ces années où les publicitaires nous ont fait croire au pays de OuiOui, l'action frise à peine les 7,30 euros, et les clients sont toujours aussi mécontents. Aujourd'hui malgré cet opérateur historique, et les 30 Milliards injectés par l'Etat, le bilan de la France dans les nouvelles technologies numériques, n'est pas brillant. Après avoir freiné des quatre fers le déploiement d'internet, puis l'avoir repris à son compte, l'entreprise est toujours à la traîne dans l'ultra haut débit, mettant notre pays en queue de peloton des pays Européens. Pire encore, la 4G arrive au compte goutte, quand le même opérateur la diffuse généreusement ailleurs où la concurrence est plus rude. Comme dans les années 70 où les Renault 14, les trains corail, les balances Terraillon et les blousons étaient oranges, nous voici revenu en arrière, au temps des demoiselles des postes, remplacées désormais par des serveurs vocaux. Vous comprendrez désormais pourquoi il faut devenir et rester « Libre ».

 

http://ericleguay.over-blog.fr/article-le-monde-ne-sera-pas-orange-53102104.html

http://ericleguay.over-blog.fr/article-pour-100-briques-t-as-plus-rien-117942072.html

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Publié par eric Leguay - dans Coup de Gueule
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28 juin 2013 5 28 /06 /juin /2013 11:08

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Quand on me demande, ce que j'ai fait aujourd'hui, j'ai une expression favorite : «J'ai fait du Tricot chez Bergère de France », je peux y ajouter aujourd'hui, « du Buggy chez France Télévision ». Plaisanterie mise à part, si l'on m'avait prédit, il y a encore une semaine de cela, qu'une photo de moi allait circuler sur la toile, à bord d'un minuscule Buggy affublé d'un maillot jaune criard à l'identité de la pire des banques, je ne l'aurai jamais cru, et vous non plus. Cette mise en scène très baroudeur et particulièrement vivifiante dans les rues de Paris dés potron-minet était l'excuse idéale pour découvrir le plan de couverture numérique concocté par France Télévision Sport pour le Tour de France.

 

 

Ce Tour si décrié et tant sali par les affaires de dopages, les mensonges à répétition et les scandales est comme le Phénix qui renaît de ses cendres. Malgré la boue et le déshonneur ; il reste le spectacle le plus populaire, mondialement vu, connu et reconnu. Populaire, parce que gratuit, populaire parce qu'accessible, populaire parce que patrimoine national, sont les arguments les plus souvent cités à son énoncée. Ce n'est pas un hasard, s'il est à ce point populaire en Belgique, Allemagne, et Italie, désigné officiellement comme l'identité même de la France et l'illustration parfaite des français, brouillons, râleurs mais toujours seconds comme Poulidor.

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Pour la division « francetvsport » l'enjeu est de taille, car à un événement populaire de masse, la proposition de diffusion et de retransmission doit être le synonyme d'un dispositif innovant, et puissant. Si le Tour de France fête ses 100 ans, il aura fallu moins de 10 ans, à la Télévision pour voir ses codes, ses usages, ses valeurs voler en éclat depuis l'arrivée du numérique. La consommation classique d'une télévision passive ne séduisent plus les téléspectateurs qui se tournent plus facilement vers le second voir troisième et quatrième écran du foyer. En d'autres termes naviguer sur une tablette, tweeter sur un smartphone, ou jouer sur une box, sont autrement plus sexy que d'écouter les commentaires enfiévrés de Gérard Holtz.

 

 

Ce dispositif déjà testé pour Rolland Garros pour un public plus élitiste, est cette fois mis en place pour un public, plus large, plus familial et plus populaire, histoire de prouver que l'usage numérique est désormais généralisé. Ainsi donc grâce aux multi-écrans, aux Web-Reporters, aux caméras embarqués, aux drones, à la Tv augmentée, aux statistiques, aux contenus enrichis, aux réseaux sociaux, à la diffusion directe online, au partage vidéos, à la régie pilotée, au compte Facebook, Tweeter, nous pourrons TOUT voir et TOUT savoir de cette édition du centenaire du Tour de France. C'est une première, c'est une logistique et une prouesse technique impressionnante car ceci est mis en place dans des lieux qui parfois ne sont même pas couverts par la 3G.

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France Télévision va donc au bout du concept du Web de diffusion base du Web 1.0 en donnant les clefs de la régie au téléspectateur, lui offrant son spectacle au plus prêt de l’événement. Demain le téléspectateur toujours plus gourmand et toujours plus compétent, fera lui même son programme en devenant diffuseur d'images, reporter sportif, critique, expert, mais aussi au cœur d'un réseau social de passionnés de la petite Reine, échangeant ses archives, ses vidéos et ses émotions avec ses compères très très loin des commentaires convenus et policés des chroniqueurs habituels. D'ailleurs en baissant le son des commentaires sur la diffusion online vous pourrez joyeusement vous passer du "Blabla" des reporters sportifs de la chaîne, et vivre l’événement encore plus fort.

 

http://www.francetvsport.fr/tour-de-france

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Publié par eric Leguay - dans C'était le Futur
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24 juin 2013 1 24 /06 /juin /2013 11:47

Quand une journaliste de la Nouvelle République me demande mon sentiment sur le phénomène Nabilla, avant sa venue à Poitiers.

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http://www.lanouvellerepublique.fr/Vienne/Loisirs/24H/n/Contenus/Articles/2013/06/21/Nabilla-est-un-phenomene-de-foire-1520089

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Publié par eric Leguay - dans Coup de Coeur
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16 juin 2013 7 16 /06 /juin /2013 21:33

FenS15

L´autre matin, je dis à ma bourgeoise, en lisant le guide de Libération "Paraîtrait que tout Paris pavoise pour fêter la Grande Exposition" "L´expo de quoi?" qu´elle me demande "Celle du nouveau siècle et de son tournant, celle du numérique, du futur, de la Seine au continent"

FenS04

Et je vois dans ses yeux bleu lavande, le désir de s´y rendre incontinent. Tu dis, c'est où déjà ton expo ? au 404 ? Non pas 404 comme les pages mortes du Web, c'est au 104, aux anciennes pompes funèbres. Nous voici donc parti...  

FenS06

Frais et dispos, agitant nos drapeaux, nous allions à l´expo, y voir tout plein de robots, l´esprit radieux, nous lancions jusqu’aux cieux, les accents mélodieux, d'une imprimante 3D. Vite, nous voilà à l´entrée de la foire, au milieu de la foule des arrivants et déjà s´inscrit dans notre mémoire la majesté de tant de monuments "Je veux voir la galerie de la Santé" Supplie ma Thérèse en haletant "Oui, mais d´abord, celle de l'éducation, mon amour" dis-je "on a le temps"

FenS07

Il y aura des tablettes, des écrans tactiles et des programmes de eSanté. Des trucs inouïs que font les gens pour le plaisir, l´honneur ou l´argent et si tu as la nausée, à regarder tout ces écrans on ira se reposer au jardin des enfants pour jouer aux lapins crétins". 

FenS02

Fleur virtuelle au chapeau nous visitions l´expo sur un joyeux tempo à la française, ce siècle neuf initié par Cap Digital produisit l´effet bœuf d´une vraie synthèse. On a applaudi ces architectes, qui ont bâti pour nous toutes ces miniatures en 3D. Quelle merveille, l´esplanade du télétravail ! Superbe, la tour de France Télévision ! Puis Thérèse a voulu que je l´emmène dans l'Archipel des projets. 

FenS14

C´est fou ce qu´ils ont construit rien que pour manipuler des tablettes quant au Village des innovations faut dire que c´est une vraie splendeur, séance de signatures, Nouvelles fabriques puis grand dîner de rigueur. Sans nul repos l´émoi à fleur de peau, nous écumions l´expo ne vous déplaise, fiers de constater la créativité d´une future société en pleine genèse. 

FenS09

Le soir descendait sur la coupole, du grand mémorial du numérique, quand Thérèse me dit "On a du bol, le ticket donne droit à la fête de nuit" C'est un show donné par Rone au lac d'Enghien-les-Bains avec toutes les stars de la question, avec la recette, pour que ça dure ça nous hâtera la digestion" 

FenS05

On a vu des artistes, des penseurs, des économistes, répandre sur la foule en liesse, les fruits de leur imagination. Sortant de l´expo Thérèse dit "A propos si on changeait de Télévision, j´en serais bien aise" Et moi, que tout ce numérique avait rendu lubrique J´y répondis "J´ai le fric, Rentrons, qu´on télé-dièse!"

FenS01

Interprétation très libre et respectueuse de la chanson de Jean Guidoni, intitulé La grande expo de l'an 2000, moins révérencieuse et plus cru que ma prose en quelques couplets.

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Publié par eric Leguay - dans C'était le Futur
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8 juin 2013 6 08 /06 /juin /2013 11:43

FetesDesRosesChaalis26Allez vite dire aux petites filles que les fées existent et vivent dans des châteaux magiques et enchantées. Dites leur vite que dans le fond des jardins se cachent des grilles fantastiques qu'il suffit de pousser pour pénétrer dans ce monde ensorcelé. Dites au petits garçons que dans ces nobles châteaux, ils seront de fiers brigadiers de la beauté et du bon goût, prêts à aider les muses dans leur œuvre enchanteresse. Vous ne me croyez pas ? Vous n'avez plus de rêves d'enfants ? Vous ne suivez plus le lapin blanc d'Alice ? Pour vous la vie n'est que tristesse et grisaille ? Alors passez votre chemin ou empruntez mes pas, nous allons faire un voyage dans le temps, vers la couleur et les parfums.

FetesDesRosesChaalis24Nélie est une muse, elle vous recevra, son esprit hante encore le lieu. Elle est là partout, attendant que vienne le bon rayon de soleil pour illuminer sa toile d'un voile d'organdi. Elle court, virevolte de ses bosquets à sa roseraie. Est-elle en sa chapelle ? ou sur son plan d'eau ? Court elle dans son château ? Que ramène-t-elle dans son auto ? Quelle collection commence-t-elle ?Ils sont tous là, aujourd'hui pour l'honorer, lui dédier ce qu'il y a de plus beau et de plus éphémère : la rose. Aujourd'hui c'est la fête de la rose en l'Abbaye de Chaalis. Elle est la marraine des fées, la reine de la journée. Mariée à un banquier, elle garde son âme de poétesse et dédie sa vie à l'art et à la beauté.

FetesDesRosesChaalis22Les fées de ce jardin merveilleux sont les seules comme dans les contes à imaginer des roses couleur du temps et des roses couleur de lune. Le parc devient une explosion de couleur et de senteurs. Le pourpre se mêle au jaune puissant, alors que le rose pâle éclabousse en cascade le rouge sang. Cet arc en ciel coloré est à l'image des fêtes somptueuses de la prêtresse des lieux. On attend d'un moment à l'autre surgir sur un éléphant, un maharadja ruisselant d'or et de diamants. Peut être s'agira-t il d'un galant qui déclinera des vers au pied d'un rosier pour voir si depuis ce matin elle est éclose ? Vous êtes invités, vous faites partie de la fête. Ici tout n'est que faste et insolence.

FetesDesRosesChaalis10Pendant que vous rêvassiez, entre ces allées bien taillées, débordantes de fleurs aux arômes capiteux, les petits brigadiers de lieux viennent vous aider à emporter un petit morceau de ce paradis des roses. J'aime la couleur rose disait le poète, j'aime les roses disait la princesse. Vos pas s'envolent d'un buisson à l'autre, d'un arbuste à une composition, enivré de ses parfums légers et somptueux. Vous êtes reine, vous êtes roi, offrant le temps d'un instant l'esprit de cette rose évaporée. On est bien peu de chose et mon amie la rose me l'a dit ce matin, votre rêve s'estompe, vous le vouliez sans fin. L'important c'est la rose.

FetesDesRosesChaalis15Laissez-vous prendre par la main, car cette muse mutine, vous cache tout de son destin, le lieu est plus charmant et plus secret qu'il n'y paraît. Passez le perron, entrez dans la demeure. C'est au marquis de Girardin seigneur d'Ermenonville de vous accueillir en gentilhomme ouvert et courtois. Poudré et raffiné, il va pour cette journée vous ouvrir grande la porte de son coeur. Le lieu est élégant, du meilleur goût et d'un raffinement à la française, confortable et discret. Le satin de son pourpoint se marie avec élégance au velours rouge du grand salon. La table est mise en grand apparat, il vous attendait, vous, pauvre petite Alice contemporaine à la vie triste, découvrant cette beauté du passé. Mets délicats, vins capiteux, discussion frivoles, accompagnent à merveille votre voyage rosé.

FetesDesRosesChaalis19Le marquis est ouvert et libre et plus encore qu'il n'y paraît. En son château, loin du tumulte de Paris mais déjà honoré par la jeune république américaine il recueille, l'homme dont nous célébrons tous les jours les bienfaits et les pensées. Il n'est pas dans son cabinet de travail, ni dans le salon de musique, vous ne le trouverez pas en noble compagnie. Jean-Jacques Rousseau en libre penseur parcoure le parc à la recherche des plus spécimens botaniques pour compléter son herbier. Il vous donnera, le secret des vieilles appellations de plantes et leurs vertus ancestrales. Vous êtes éblouis, vous chancelez, tant de beauté et d’intelligence en ce lieu, vous qui doutiez.

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Alors vous vous ressaisissez, vous fouillez votre sac à la recherche de votre maudit smartphone pour immortaliser ces instants fugaces. Mais la muse est déjà partie, Rousseau c'est évanoui et le marquis attend sagement des invités qui ne viendront pas. Il ne vous reste plus qu'à imprimer des pixels de couleurs pour garder en mémoire la magnificence du lieu. Alors vous mitraillez l'éphémère, vous gelez le pixel, vous ralentissez le temps, vous stoppez l'anéantissement. Toutes ces fleurs, toutes ces roses sont pour vous, sont à vous. Vous les offrez ici aux yeux de tous, vous tweetez, facebookez et envoyez à tous ces milliers de roses. Diffusez le beau, montrez le charme, éparpillez les pétales, repeignez votre vie, enivrez-vous...

FetesDesRosesChaalis28http://www.les-journees-de-la-rose.com/chaalis.php

http://www.chaalis.fr/

FetesDesRosesChaalis13Mon album de cette journée en Creative Common

http://ericleguay.over-blog.fr/album-2165600.html

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Publié par eric Leguay - dans Coup de Coeur
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2 juin 2013 7 02 /06 /juin /2013 08:55

LikeVirgin01.jpg« Like a virgin, touched for the very first time. Like a virgin, when your heart beats, next to mine ». Nous étions tous un peu vierge lorsque le Virgin Mégastore des Champs Élysée a ouvert ses portes en 1988. Seuls les habitués du HMV Shop de Londres savaient à quoi ressemblait un temple dédié à la consommation. Car ce n'était pas un magasin, c'était un temple qui s'ouvrait là, sous nos yeux émerveillés. Virgin MEGA STORE en lettre rouge écarlate allait animé pendant de nombreuses années cette avenue abandonnées aux touristes.

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Marbre, colonnes, escalier monumental, toute la grammaire architecturale, dédiée au temples grecques, se trouvait ici concentrée en plus étincelant et en plus clinquant. A tout instant nous pouvions nous imaginer voir surgir Indiana Jones avec son fouet et son légendaire chapeau, échapper à ses assaillants dans ce temple maudit. Entrer dans le temple était le passage obligé pour tout passionné de musique. En un instant la FNAC de la rue de Rennes faisaient pâle figure et les petits disquaires de quartier à jamais engloutis par ce Mégastore. Dans ce temple nous étions les simples disciples dévoués et soumis du Dieu de la consommation.

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Car si il y a bien un moment phare dans l'histoire du lieu, ce furent les lancements de produits et les sorties de disques ou de films. Je me souviens encore des files d'attentes à minuit devant le magasin pour la sortie d'un téléphone américain ou d'une console de jeu japonaise. Il y avait de la frénésie et du délire dans ces foules, qui habituellement se voyaient à New York Londres ou Tokyo. Paris avec son Virgin Mégastore faisait lui aussi parti des grands et le passage obligé des stars de RnB, de Rap et de Rock. Nous aimions vibrer ensemble, au cœur de l’événement sur la « plus belle » avenue du monde. Le jour de la mort de Michael Jackson, des milliers de fans en pleurs sont venus à sa mémoire devant le Virgin.

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1988 coïncidait miraculeusement avec l'explosion du CD audio, et Virgin était le seul magasin en France à distribuer autant de titres quand la FNAC vendaient encore massivement des 33 tours. Je me souviens très bien avoir régulièrement demandé aux vendeurs, quand des imports japonais de Madonna allaient arriver. De mémoire Virgin était le seul endroit où l'on pouvait avoir le CD des musiques de jeux vidéos. En moins d'une année, Virgin était incontournable et irrattrapable. Ouvert tous les jours jusque à minuit puis rapidement le Dimanche, c'était LE lieu de rdv, LE lieu où aller, Le lieu où acheter et LE lieu où se montrer.

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Associé à ce lieu emblématique il y avait aussi le très fantasque Richard Branson, fondateur du Label Virgin et gourou respectable de la couronne britannique. A chaque fois qu'il apposait son label sur quelque chose, immédiatement un formidable succès s'en suivait. Créateur de génie, et VRP de talent, il était sa marque et Virgin son tatouage indélébile. Virgin Cola, Virgin Mégastore, Virgin books, Virgin music, Virgin racing, Virgin Radio, Virgin Média, Virgin Atlantic, Virgin Mobile, Virgin Interactive etc donnaient l'illusion d'un empire tentaculaire et puissant alors qu'il n'en était rien. Un sticker rouge sang sur une activité n'a jamais fait une entreprise et encore moins un empire.

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Aussitôt créé, marqueté et promotionné, la label Virgin était immédiatement revendu à un industriel qui reversait une licence à Richard Branson. Il n'y a jamais eu d'empire Virgin, mais juste une foison de noms et de propriétaires habillant souvent des coquilles vides ou peu rentables qui fermèrent ou se firent racheter les unes après les autres. Les plus gros morceaux appartenaient au groupe Lagardère dont le dirigeant très occupé par ses affaires de cœur, géra l'affaire avec désinvolture. Un jour où l'autre Virgin allait fermer, avec l'arrivée du dématérialisé, Virgin devait fermer. Comme un père Noël, le Gourou fondateur fuyant toutes responsabilités s'en est aller à la conquête spatiale, sur son Virgin Galactic, laissant sur le carreau des milliers de petits lutins.

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La lourde porte du coffre de l'ancienne banque Sudameris, ancien propriétaire des lieux, allaient définitivement se refermer. Avec elles, se sont 30 ans de mémoires, de souvenirs, de musiques, de personnalités qui avec elles se sont éteintes. Paris n'a plus de temples de la consommation en dehors de ceux créés au XIX ième siècle. C'est en Asie que l'on trouve désormais ces Megastores et Malls immenses dédiés au luxe, aux marques, aux parfums mais plus ni à la musique ni à la littérature. Maintenant les FNAC tentent de survivre en vendant des machines à café et plus personne ne veut reprendre cet immense vaisseau vide qui apparaît comme un boulet. Ce lieu va redevenir vierge...

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Publié par eric Leguay - dans Coup de Gueule
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