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12 février 2016 5 12 /02 /février /2016 10:19
Chez mon Libraire "Le Pinceraie"

Chez mon Libraire "Le Pinceraie"

En cette rentrée littéraire et à chaque période préélectorale, comme les marronniers, les hommes politiques français se sentent obligés d'écrire un livre que parfois, il n'ont même pas lu. Nous sommes une nation de papier capable de virer une Ministre qui ne lit pas mais qui encense des hommes d'état qui publient des livres qu'ils n'écrivent pas. Ils engluent les devantures des librairies avec des titres directement importés du Pays de OuiOui, pleins d'engagement, de professions de foi, de programmes économiques et de promesses de lois qu'ils ne tiendront pas. Ce manège dure depuis des lustres, depuis que, allez savoir pourquoi, « homme politique français» doit rimer avec « intellectuel ». Personne ne leur demande, personne n'attend cela d'eux, mais comme poussés par une « Insoutenable légèreté de l'être », ils se jettent tous sur une feuille de papier, qui n'avait rien demandé, pour nous narrer les aventures de « Zadig&Voltaire ».

Il y a 4 ans déjà

Il y a 4 ans déjà

Cela prête à rire ou à sourire, mais comme des moutons encartés, ils sont des milliers à se précipiter, pour dépenser 20 euros. Les uns vont y lire une prose de bazar, un engagement programmatique de hall de gare et les autres des aveux sincères et téléphonés, le tout imprimé sur un papier à gros caractères. Car voyez vous en 2016 comme en 2012, 2007, 2002 à l'heure des Twitos, des tutos, des réseaux sociaux, des tablettes et du bigdata, c'est sur du papier, que cette prose vide s'étale. C'est sans doute l'acte le moins démocratique et le moins écologiste qui soit. En faisant payer aujourd'hui des éléments de langage que l'on aurait pu écouter gratuitement à la télé, dans un meeting, ou pu lire tout aussi gratuitement en ligne, l'homme politique s'écarte volontairement et sciemment des millions de français qui ne le liront pas. « Pour savoir comment demain, comme aujourd'hui, je vais vous mentir ? Achetez mon livre », pourrait être le sous titre de tout ces ouvrages. Aussi vite lus, aussi vite oubliés, ils vont rejoindre par milliers les poubelles de l'histoire de France.

Ce que l'Histoire retiendra

Ce que l'Histoire retiendra

Les Américains, peuple autrement plus démocratique et intelligent, à la recherche d'efficacité permanente, s'épargne cette comédie. Personne n'attend le livre de Bill Clinton, Barack Obama, ou Donald Trump pour l'élire, nous !!! si. De leur culture de la communication avancée, nous avons retenu obsolescence programmée de cette littérature à durée de vie limitée. Nous utilisons les mêmes ficelles qu'Apple pour « gouroutiser » leurs auteurs, standardiser les messages pour intégrer la notion marketing super efficace du « don't ask why, just buy it ! *». Car dans ce « House of Cards » du « jeu grandeur nature », des scénaristes, des communicants, imaginent le meilleur « storytelling » pour flatter la ménagère de moins de 50 ans. Le tout, sans doute pour faire plaisir aux écolos sceptiques, sur du papier non recyclé qui partira au pilon l'été passé. Heureusement l'Histoire n'en retiendra rien, Patrick Modiano et la « La Princesse de Clèves » peuvent dormir tranquille. C'est au romanciers, aux pamphlétaires, aux philosophes, aux journalistes, aux humoristes et aux caricaturistes que l'on fera confiance pour nous narrer combien avec délectation chavira la France.

 

*Ne pose pas de questions, achète !

 

Il y a 4 ans déjà

http://www.lanouvellerepublique.fr/Vienne/Actualite/Politique/n/Contenus/Articles/2012/03/10/Les-livres-politiques-ne-font-pas-recette

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Publié par eric Leguay
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