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25 janvier 2016 1 25 /01 /janvier /2016 16:46
Appel muet avec mon Bi-Bop en classe de Sorbonne

Appel muet avec mon Bi-Bop en classe de Sorbonne

« Ce n'est pas une défaillance de votre ordinateur. N'essayez donc pas de régler Windows. Nous maîtrisons à présent toutes retransmissions. Nous contrôlons les horizontales... et les verticales. Nous pouvons vous noyer sous un millier de sites web, ou dilater une simple image, jusqu'à lui donner la clarté du cristal, et même... au-delà. Nous pouvons modeler votre vision et lui fournir tout ce que votre imagination peut concevoir ». Tout à commencé en 1993, lorsque France Télécom, encore plus bleu qu'Orange décidait de mettre à disposition du public, le premier « téléphone de poche pour zone d'appel public » : Le Bi-Bop 10 était né.

Lancement du Bi-Bop à Strasbourg

Avant l'apparition du GSM et 10 ans après le RadioCom 2000, France Télécom lançait à Strasbourg puis Paris et Lille, ce qui sera l'expérience la plus inutile et sans doute la plus ridicule de la téléphonie mobile. Inutile, car son exploitation commerciale ne sera que de 3 ans avant le déploiement du GSM en Europe et ridicule en ne proposant qu'un terminal qui permettait uniquement d'appeler. En fait l'idée qui germa dans la tête des ingénieurs, était de proposer une sorte de cabine portative personnelle et économique en plein boum des télécartes pour appeler ses proches sans être appelé, comme dans une cabine téléphonique (sauf à y attendre des heures, ou fixer un rdv téléphonique). Pour 2 000 francs (305 euros) le combiné, plus un abonnement mensuel de 50 francs (7 euros) et 85 centimes la minute (15 cts), l'on pouvait repartir avec l'objet le plus moderne, le plus hasardeux, et le plus étrange du moment. Il ne restait plus ensuite qu'à rechercher en l'air la borne disposant d'un sticker, puis se mettre en dessous pour enfin pouvoir téléphoner.

Mon Bi-Bop son manuel et sa dragonne

Mon Bi-Bop son manuel et sa dragonne

Ce premier objet exhibable de notre propre modernitude témoin de la mobilité urbaine, allait devenir un collector pour Geek. Par son concept unitaire, sa forme, son usage limité, sa faible diffusion (45 000 exemplaire), sa durée de vie commerciale, il est certain qu'il m'en fallait un. J'ai donc longtemps cherché sur IBAZAR avec Simone, puis ebay, puis AuBonCoin, un exemplaire hors service de ce Graal pour technophile. J'avais déjà dans mon musée des horreurs de l'obsolescence programmée , un minitel RTIC, une Bernouilli Box, un lecteur de ZIP, des dizaines de cartouches SyQuest de 44Mo de jeux et programmes en tout genre, un Apple IIc, un Mac SE, LC, Quadra, IIfx, un Sinclair ZX80, 6 ordinateurs et portables avec autant de versions iOS et Windows différentes, des modems, un lecteur SONY Minidisc, un DAT, une gamecube, un raton laveur mais pas de Bi-Bop... Il m'en fallait un.

Mon Bi-Bop dans les pommes..; (Humour de Geek)

Mon Bi-Bop dans les pommes..; (Humour de Geek)

« Cher Monsieur Leguay, je suis au regret de vous annoncer être dans l'incapacité totale de retrouver ce cher Bi-Bop. Et pour cause, ma mère, très attachée à l'évolution de la technologie, m'a dit qu'elle avait sûrement dû balancer cette "vieillerie" pendant son grand ménage du printemps dernier ». La lecture de ce mail, envoyé par une étudiante de Sorbonne, sonnait le glas de tout espoir de retrouver un jour un Bi-Bop. Tel est sans doute le destin des plus grandes inventions humaines, comme le Télécran, le Mange-Disque, le Balai Bissell, le Polaroid, les musicassettes et le V2000. J'étais pourtant fier en cours de faire découvrir à cette génération née après les années 90, ce Bi-Bop, fer de lance de la technologie française, que personne ne nous enviait. Après tant d'années infructueuses, tant de sollicitations auprès de mes étudiants, de mes amis, de ma famille, le sort, une fois de plus, s'acharnait, point de Bi-Bop en vue. C'était sans compter sur le Père Noël qui cette année me rapporta mon cadeau au-delà du réel.

 

http://ericleguay.over-blog.fr/2015/09/minitel.html

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Publié par eric Leguay
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